Retour (sur le retour) de Carey Price

Je n’ai jamais fait un secret de mon aversion pour le nouveau pacte signé par Carey Price durant la dernière période estivale. Je n’ai jamais non plus caché que les succès du Canadien (13-12-3) passaient, selon moi, par un retour en force du cerbère britanno-colombien (ainsi que, dans une moindre mesure, une plus grande implication de la part du capitaine de l’équipeça, on l’attend toujours. À ce niveau, je me demande ce qui est le plus drôle; de voir l’équipe gagner par la marque de 10 à 1 sans Drouin, ou de voir cette marque sans que Pacioretty ne parvienne à s’inscrire au pointage… pendant que Jacob de la Rose (!) en ramassait 3 (!!) ). Donc, quand le numéro 31 a dû s’absenter pour une période alors indéterminée, il y a environ un mois, je me suis senti quelque peu soulagé. Premièrement, parce que ça ne pouvait plus continuer ainsi. Les mauvais buts, et l’attitude qui venait avec, minaient le moral du reste de la troupe. Ensuite, que ce soit en raison ; d’une blessure, d’un mauvais équipement, d’une confiance effilochée, ou de toute autre raison lancée par des putes-à-cliques notoires, il était capital que Price prenne le temps qu’il fallait pour revenir en force. À ce niveau, on peut aisément dresser un parallèle avec le passage à vide de la dernière campagne du portier.

Tableau en trois parties de la dernière campagne de Carey Price – auteur inconnu

À ce moment-là, comme on peut l’apercevoir dans  le tableau ci-haut, Pricey en a arraché pendant près d’un mois et demi. Une traversée du désert, qui a apporté son lot de malheurs et de défaites, se terminant avec le congédiement de Michel Therrien. D’aucun y ont vu un parallèle à faire avec le schéma de performances du gardien étoile. Je n’y crois pas. Je doute profondément qu’un athlète professionnel aille jusqu’à saboter sciemment ses performances, qui le suivront toute sa vie durant, entachant du même coup, de manière indélébile, ses statistiques. Je suis profondément convaincu que le retour au sommet du gardien est passé par un ressourcement durant la courte pause autour de la St-Valentin.

De même que je suis convaincu que son présent retour en force, nonobstant son état de santé et son changement d’équipement, coïncide également avec la possibilité qu’il a eu de déconnecter et de se ressourcer pendant cette absence. S’était-il mal préparé, au cours de l’été ? Je l’ignore et je m’en fiche. La Ligue nationale est une ligue de résultat. Qu’on connaisse les causes de ses difficultés ou non, les résultats sont là : il était mauvais et l’équipe perdait ; il est excellent et l’équipe est dominante.

Qu’on se comprenne, quand un gardien ne fait pas les arrêts, sur une longue période de surcroît, la confiance du groupe au complet finit par en souffrir. Des mauvaises performances collectives qui en découlent alors, on a souvent tendance à viser et tirer sur tout ce qui bouge pour trouver un coupable. Pourtant, il en va de même pour toutes les équipes, sauf celles qui ont une puissante attaque pouvant compenser les largesses de leurs portiers. Des équipes comme les Penguins et les Oilers, si fortes à la ligne de centres, peut-être ? Et, pourtant…

Qu’on ne s’y trompe pas, je suis encore réticent face au nouveau contrat de Price, qui entrera en fonction dès la saison prochaine. 10.5M par campagne, pour un gardien, c’est trop. Le problème avec cette position, c’est qu’on se retrouve en tant que dernier rempart des défenses de l’équipe. En conséquence, plus souvent qu’autrement, une erreur se transforme en filet accordé. En ce sens, je trouve qu’il s’agit d’une lourde mise déposée sur un seul atout. Un atout dont les signes de faiblesses ont de graves conséquences sur le reste de l’équipe. La durée de cette entente – 8 ans – me titille également… Qui sait ce qu’il peut se passer en 8 longues années. Encore plus troublant lorsque ces 8 saisons sont accompagnées d’une NMC (clause de non-mouvement) blindée… Bien sûr, Bergevin n’est pas idiot et sait pertinemment ce qu’un Carey Price au sommet de son art peu apporter à sa formation. C’est un peu (c’est-à-dire en partie, puisque le sujet de cet article n’était assurément pas le seul coupable) ce qu’il voulait dire avec  »la solution se trouve dans le vestiaire ». Évidemment, vu les déboires de la formation, on s’est empressé de l’attaquer sur le sujet , mais ce n’est pas le point d’aujourd’hui… Pour en revenir à Price, après un début de campagne désastreux (3-7-1), depuis son retour il y a 5 matchs de cela, il excelle d’une excellente excellence (1.20 et .960) :

5 dernières sorties de Carey Price, Nhl.com

Du même coup, de par ses performances, il a insufflé une confiance renouvelée à ses coéquipiers. Une confiance sûrement encore fragile, mais bienvenue. Ceci étant dit, ça ne change pas mon idée primaire face à la situation contractuelle du récipiendaire du Vézina (et du Jennings, et du Hart, et du Lindsay, et du… non, c’est tout) en 2015. En conclusion, en ce qui concerne le contrat de Price, même si je ne suis pas très à l’aise avec l’idée de concentrer autant d’argent sur un portier, je sais mesurer l’importance que ce dernier peut avoir sur une formation. D’autant plus, admettons-le, qu’au gré des saisons, le plafond salarial grimpant, l’impact du contrat en question deviendra toujours un peu moins lourd (qui sait, je changerai peut-être mon fusil d’épaule, entre-temps). D’ici-là, il ne restera donc plus qu’à espérer que Pricey ne connaisse pas trop d’autres passages à vide, d’ici ses 39 ans, âge qu’il aura au terme de son prochain contrat. Car lorsqu’il fait preuve de la détermination, la concentration et l’acharnement des derniers jours, Carey Price, qui pourrait bien se glisser au photofinish des candidats au Vézina, s’il poursuit dans cette veine, est pratiquement imbattable. Par ricochet, le Tricolore au grand complet présente un tout autre visage… bien plus agréable à regarder.

Crédit photo, Ryan Remiorz via Radio-canada.ca

Crédit image entête, Minas Panagiotakis/Getty Images

Tom L.D. MacAingeal
 

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