Le hockey québécois, une bonne fois pour toutes !

Suite à mon dernier article sur le hockey scolaire publié le mois dernier, j’ai eu la chance de discuter avec le directeur-général de la Ligue de Hockey Préparatoire Scolaire, Monsieur Louis Simard. Un entretien téléphonique qui m’a permis de mieux comprendre l’autre côté de la médaille.

Selon lui, la montée fulgurante que connait le hockey scolaire présentement provient directement des services offerts, une offre adaptée à la réalité des ménages en 2019. On ne peut le nier, la LHPS est un bel exemple à suivre quant à l’encadrement scolaire. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’alliance du hockey avec les études n’est pas du tout un problème. L’an dernier, le taux de réussite était de 96%. Il s’agit d’un excellent taux, sachant qu’au Québec, le taux de réussite chez les garçons ne dépasse pas les 70%. Il faut donc avouer que l’utilisation du hockey comme un moyen, et non une fin, encourage bel et bien les jeunes à l’école.


J’ai également discuté avec quelques acteurs, autant dans l’univers du scolaire que dans les structures. Au fil des conversations, j’ai pu identifier quelques problèmes du hockey au Québec avec mes interlocuteurs.

Évidemment, l’essor des jeux vidéos augmente la difficulté lorsque vient le temps d’attirer de jeunes joueurs. Comparativement au siècle dernier, beaucoup de jeunes délaissent les patinoires extérieures du quartier pour exercer leurs pouces sur les commandes de leurs différentes consoles. Ce n’est pas tous les jeunes, mais cela reste tout de même un problème bien réel.

En plus des jeux vidéos, les organisations se frappent à un autre obstacle lorsque vient le temps de recruter de nouveaux hockeyeurs. Si le hockey demeure notre sport national, certains autres sports comme le soccer font de plus en plus compétition à notre magnifique activité hivernale. Les coûts élevés du hockey organisé coulent sans contredit le sport face à ses concurrents. Au niveau récréatif, les frais d’inscriptions pour un jeune au soccer tournent autour de 200$ contrairement à un jeune jouant au hockey mineur qui paie plus de 250$ en général dans le simple lettre, sans compter l’achat de pièces d’équipements très dispendieuses et les dépenses que représentent un ou deux tournois à l’extérieur au minimum.

Autre boulet du hockey au Québec : le manque de communication. Effectivement, le manque de communication entre les différentes fédérations sportives est un élément qui est revenu assez souvent au cours de mes conversations. Une petite guerre semble s’être installée dans nos sports. Toutefois, certaines régions ont décidé d’ouvrir leurs horizons et d’être plus matures qu’ailleurs. C’est le cas en Abitibi-Témiscamingue alors que le directeur du développement de Hockey Abitibi-Témiscamingue, Alexandre Chénier, a ouvert le dialogue avec l’organisation de la LHPS de la région, le Filon de l’Or et des Bois. Cette collaboration aura permise la tenue de matchs préparatoires entre la LHPS et la structure en région cette année ainsi que l’an dernier. Un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour le hockey québécois.

Alors, de quelle manière pouvons-nous remédier aux problèmes qui handicapent notre cher sport adoré ? Il faudra tout d’abord s’adapter à la nouvelle réalité des ménages en 2019. Ce qui veut dire, accepter l’arrivée de nouveaux sports, comprendre le mode de vie des familles en 2019 et la mentalité de la nouvelle génération.

Ce n’est pas un secret, la route est encore longue pour parvenir à notre but. Un constant désir d’amélioration, c’est ce qui ferait réellement progresser le système implanté dans notre belle province. Cependant, si plusieurs conservent un regard critique face à l’état de santé de notre sport national, Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ, voit plutôt du bon oeil le développement des jeunes hockeyeurs. Malgré les pessimistes, Courteau note tout de même une progression dans les différents programmes du Québec.

« Il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’il y a une très bonne amélioration de ce côté-là. Plusieurs des programmes de Hockey Québec au niveau du développement sont utilisés chez Hockey Canada comme étant le modèle » – Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ.

Un signe encourageant ? Probablement. Somme toute, les différentes structures semblent tout de même réussir à bien développer les jeunes malgré l’image péjorative que l’on peut avoir du tableau en général.

De plus, le Québec peut miser sur un excellent réseau au niveau du hockey scolaire. Pouvant compter sur la LHPS et le RSEQ au niveau du secondaire, la RSEQ détient le monopole pour le hockey collégial. Une excellente alternative pour les joueurs qui n’ont pas réussi à joindre les rangs d’une formation de la LHJMQ. D’ailleurs, la ligue collégiale abrite un grand nombre de joueurs ayant signé comme joueur affilié avec une organisation de la LHJMQ. Trop méconnu encore par le public  en général, je me permettrai donc une petite présentation du réseau.

En 2019-20, c’est 12 équipes réparties dans 3 divisions. La saison comporte quelques matchs préparatoires à la discrétion des organisations, 36 matchs de saison régulière, les séries éliminatoires, puis, la majorité des formations ajoutent un ou deux showcases chez nos voisins du sud afin d’offrir une plus grande visibilité à leurs joueurs.

Les 12 équipes formant la ligue collégiale de hockey

Lors de mon entretien, j’ai interrogé M. Simard concernant une future collaboration entre la LHPS, le hockey collégial et le hockey universitaire afin de tenter de créer une sorte de NCAA. Bien qu’il ait dit qu’il serait très heureux si cela se produisait, il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que cela se concrétise à court terme.

Également, le personnel hockey doit comprendre que les temps ont changé. Par le passé, beaucoup de gens n’avaient que le hockey en tête. Ce n’est malheureusement plus vrai de nos jours. Cependant, les joueurs demandent autant d’attention, voire plus, qu’il y a quelques années. Ils ont besoin d’être rassurés et de voir que l’on croit en eux. Ce changement de mentalité s’opère même dans la LNH alors qu’on voit de plus en plus de jeunes entraîneurs faire leur apparition derrière le banc des différentes équipes.


Bref, l’ensemble de mes conversations m’ont permis de jeter un regard différent sur le système de hockey d’ici, au Québec. Même si je n’en tirerai aucune conclusion publiquement, je remarque un vent de renouveau qui souffle ces derniers temps et j’espère, du plus profond de mon être, que ce second souffle sera assez fort pour remettre notre programme sur les rails. Présentement, les jeunes hockeyeurs possèdent une multitude d’options. Chaque réseau, structure, ligue –appelez ça comme vous voulez- ont leurs points forts et leurs faiblesses. Chaque organisation est différente. Il ne faut pas juger l’arbre à ses feuilles. Cela s’applique au hockey également. Il ne faut pas juger une ligue à cause d’une organisation et vice versa.

Donc oui, je suis d’accord, notre système n’est pas parfait. Oui, ça coûte cher jouer au hockey. Oui, il y a toujours des gens pour rabaisser certaines organisations. Oui, on pourrait faire mieux. Toutefois, au lieu de basher tout ce qui bouge, faisons avancer les choses. Amateurs de hockey, joueurs de hockey ou encore, parents de nos jeunes prodiges, soyez la solution au lieu d’être le problème. C’est en grande partie de cela que le hockey québécois a besoin !

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En Prolongation

Le hockey scolaire : le futur du hockey québécois ?


Crédit image entête, Hockey Québec



Félix Gosselin
 

Passionné de hockey depuis toujours, Félix réalise présentement sa techniques de comptabilité et de gestion au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue avant de se rendre à l'université en communication prochainement. Son désir de se surpasser jours après jours lui permet de vous offrir des textes constamment améliorés.

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