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La LHJMQ et le rêve américain

À chaque été, l’histoire semble se répéter. Entre le repêchage et le début de la saison, les différentes organisations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec doivent se démener afin de convaincre certains joueurs d’opter pour la LHJMQ. C’est que le circuit Courteau mène une lutte incessante face au réseau universitaire américain.

Alors que les anglophones ont déjà l’habitude de s’expatrier chez nos voisins du sud, la NCAA semble être une destination de plus en plus prisée par nos hockeyeurs québécois. En juin dernier, l’avenue américaine trottait dans la tête de 9 des 21 plus beaux espoirs de l’encan. Même un Joshua Roy, classé #1, avait laissé planer un doute quant à son avenir quelques heures avant l’encan.

Pour le repêchage de 2020, celui qui aurait pu être considéré comme le meilleur espoir de la prochaine cuvée, a déjà pris sa décision. Le joueur des Estacades de Trois-Rivières, Tristan Luneau, a tourné le dos à la LHJMQ et se dirigera plutôt vers le Wisconsin. Une perte qui fait mal pour le hockey junior québécois.

Puis en août, alors que les différents camps d’entraînements débutaient, plusieurs joueurs ont simplement décidé de ne pas se présenter à celui de leur équipe respective, ou encore, quitter le camp avant la fin. C’est notamment le cas des espoirs des Voltigeurs de Drumondville, Daniel Agostino et Guillaume Richard, qui ont préféré conserver leur éligibilité pour les collèges américains. Cette situation se produit chez les 17 autres formations de la également.

Face à l’attraction de plus en plus grandissante de la NCAA, M. Courteau et son équipe devront commencer à réagir pour éviter que la LHJMQ deviennent une « ligue de bouche-trou » comme dirait le très coloré Patrick Roy.



Pourquoi un si grand nombre de jeunes joueurs prometteurs boudent-ils le hockey junior d’ici ?

Il y a tout d’abord l’éducation. C’est le mot qui revient constamment. La totalité des familles, ou presque, préfère le réseau universitaire américain car elles croient que l’éducation n’est pas assez priorisée ici, au Québec. Est-ce vrai ? Peut-être auparavant, mais selon le commissaire Gilles Courteau, les temps ont changé.

« Ce n’est pas justifié de critiquer l’aspect éducation. On a des chiffres à l’appui qui montrent que c’est possible d’allier études et hockey. » Gilles Courteau, par rapport aux préjugés des gens concernant l’éducation dans la LHJMQ.

De plus, il faut avouer que nos entraîneurs québécois qui évoluent dans la NCAA ne laissent pas énormément de chance à notre ligue junior majeure. Après un séjour dans la LNH et la LAH entre 2014 et 2017 auprès des Red Wings de Détroit, Dave Noël-Bernier est revenu aux sources et s’occupe désormais des Mavericks d’Omaha. Il est devenu maître dans l’art de recruter des joueurs dans notre belle province. Une situation qui peut facilement irriter les organisations de la LHJMQ et il ne s’en cache pas.

« Les gens de la LHJMQ doivent commencer à nous trouver tannants parce qu’ils ont toujours bénéficié d’un monopole. Au Québec, le hockey junior était tout ce que les jeunes connaissaient. Il y a maintenant des gens, comme moi, qui viennent leur proposer une option différente, et je comprends que ça puisse déranger. Mais les équipes de junior canadiennes font la même chose. Elles recrutent beaucoup de joueurs aux États-Unis. Alors, ça fait partie du jeu.«  – Dave Noël-Bernier

En effet, en 2 ans, le pilote des Mavericks a réussi à convaincre 7 joueurs québécois de s’engager avec l’université d’Omaha :

Une seconde préoccupation est la grande quantité de matchs disputés. Effectivement, le lourd calendrier québécois effraie quelques familles et donne un argument de plus aux recruteurs américains. Dans une saison, une formation de la LHJMQ dispute 68 matchs, sans compter la pré-saison et les séries éliminatoires. Il n’y a pas que la grande quantité de matchs qui dérangent, mais également l’immense distance parcourue. Nous l’aimons notre Belle Province, cela va soi. Cependant, lorsque vient le temps de se rendre dans une autre ville, la route peut être très longue. Ces jeunes hockeyeurs parcourent des centaines, et même des milliers de kilomètres chaque semaine. Lors de la dernière finale de la coupe du Président opposant les Huskies de Rouyn-Noranda aux Mooseheads d’Halifax, la distance était de 1862 KM seulement pour l’aller, donc près de 4000 KM au total pour un voyage !

 

 

De plus, contrairement à la NCAA, la LHJMQ permet à ses équipes de transiger. Certes, ils ne peuvent le faire qu’à 3 moments précis dans l’année, soit en août, en juin et lors de la période des fêtes. Néanmoins, il s’agit d’une instabilité qui ne plaît pas à tous.



Ce sont 3 des principales raisons qui poussent les joueurs vers la frontière américaine. La réalité est que les temps ont tout simplement changé; la LHJMQ n’a plus le monopole. Pour survivre, nul doute qu’elle devra réagir, et vite, afin de contrer ce fameux rêve américain qui cause des pertes importantes pour la ligue…

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Crédit image entête, Photo courtoisie – AHDF




 

Félix Gosselin
 

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Martin - août 24, 2019

Ca fait 10 ans que ça dure et rien n’a changé. En passant ce n’est pas le rêve américain mais bel et bien une réalité. Quand tu te ment à toi même difficile de le faire croire aux autres. Ils n’ont rien compris. La LHPS prend de plus en plus de place alors l’aspect étude-hockey sera sous peu la mentalité d’une très grande majorité de kids. Prédiction….rien ne changera….vous savez qu’au Québec on n’aime beaucoup nous cette phrase…LE MODEL QUÉBÉCOIS! Bien gardons le!
Martin

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Le hockey scolaire : le futur du hockey québécois ? - Hockey Herald - septembre 5, 2019

[…] La LHJMQ et le rêve américain […]

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