Avant/Après; la défensive du Canadien

Je sais, je sais : Le sujet a souvent été fouillé, pointé, détaillé et retourné de fond en comble, et vous n’aurez peut-être pas envie d’y revenir. Pourtant, je vais le faire. J’amènerai ici – je crois – un point de vue qui n’a pas vraiment été touché ailleurs. Certes, je ne vais pas réinventer la roue, mais j’aimerais nuancer certaines des critiques lancées vers Bergevin et son top6-7-8-9. Lançons-y nous dès maintenant, arrachons ce vilain plaster souillé Voici la liste des joueurs qui formaient la brigade défensive au lancement de la dernière campagne :

Weber
Markov
Petry
Emelin
Beaulieu
Barberio*
Pateryn*
Redmond*
Sergachev*

En cours de route, le Tricolore a ajouté les arrières suivants : Nikita Nesterov (en retour de Jonathan Racine et d’une sélection de 6e tour en 2017), et Jordie Benn (en retour de Greg Pateryn). Durant le trajet, Mark Barberio a également quitté, étant réclamé au ballottage (COL). Bien sûr, je n’oublie pas que Bergevin a également obtenu les services de Brandon Davidson, en retour de David Desharnais. Mais, je vais y revenir plus tard. Pour m’assurer que vous vous rendiez jusqu’en bas. Car tout le monde sait que Davidson est sujet chaud. Ou pas. À moins que vous lisiez de bas-en-haut, vous venez de réduire mon plan à néant.

Enfin, n’ayant disputé que 4 petites joutes avec le Canadien, je ne pense pas qu’il soit pertinent de considérer Sergachev comme un membre de la brigade défensive de la dernière édition du Canadien. Nonobstant l’opinion qu’on peut avoir sur la fameuse transaction qui a tout autant fait jaser que le présent sujet de cet article. Est-ce que le Tricolore aurait un meilleur top6 avec Micha ? Oui. Mais, ce n’est pas le point de cet article.

J’aimerais simplement qu’on se contente de discuter du trajet qui a mené la défensive à changer de visage depuis la saison dernière. Alors pour la suite, je pense également qu’on peut retirer Zach Redmond et Nesterov des joueurs qui manquent à la formation. Nesterov manque présentement à peu près autant au CH qu’Ales Hemsky. D’ailleurs, sans vouloir le dénigrer, je dirais que la chose la plus notable qu’on peut retenir du parcours de Redmond à Montréal c’est d’avoir rapporté le combatif Nicolas Deslauriers, dans la transaction arrachant ce dernier aux Sabres. Encore qu’au départ ça concernait plutôt Laval, techniquement…

Enfin, au cours de l’été, entre le repêchage d’expansion de Vegas et le marché des joueurs autonomes, Marc Bergevin perd/laisse filer Andrei Markov, Alexei Emelin et Nathan Beaulieu. Contextuellement, la direction choisi alors de protéger Shea Weber, est forcée de protéger Jeff Petry (NMC)- et l’aurait tout de même fait, sinon -, puis décide de protéger Jordie Benn, avec le dernier spot restant de la formule de protection 7-3-1 choisie par l’état-major.

Conscient que Nathan Beaulieu risque dangereusement de se faire réclamer, Bergevin préfère le transiger en retour d’une sélection de 3e tour, 68e au total, du dernier encan (devenue Scott Walford), plutôt que de le perdre pour rien. Avec les Sabres, au cours de l’été, Beaulieu devient apparemment un homme nouveau. Pas de doute : le Canadien s’en mordra assurément les doigts. N’est-ce pas ? 

En ce qui concerne Emelin, au même moment, différents insiders rapportent que le DG tente de conclure une entente avec son homologue de Vegas afin que ces derniers sélectionnent Plekanec en lieu et place d’Emelin. Vrai ou pas ? Je l’ignore, mais dans les faits, quelqu’un allait devoir quitter.

Enfin, suite à une mésentente contractuelle, on assiste au départ du bon vieux Général qui, meurtri, quitte pour sa Russie natale. J’ai ressenti un petit (gros) pincement au cœur à la suite de cette annonce, je l’admet. Mais… Allons-y pour le plus gros morceau, commençons par appuyer sur le bobo : drette y’où c’que ça fait mal. Forcément, c’est précisément sous le plaster.

…Mais, Markov était en perte de vitesse. Fabuleux fabriquant de jeux, passeur hors-pairs, et doté d’une incontestable intelligence hockey, il est un joueur de haut-niveau. Au gré du temps, cependant, à chaque saison qui s’ajoutait, il vidait son réservoir un peu plus tôt dans l’année. Alors, on assistait à des débordements de plus en plus fréquents. Au fur et à mesure que la saison avançait, on le sentait plus essoufflé. Pour ma part, tout ceci n’empêche pas que j’aurais bien aimé voir le 79 terminer sa carrière à Montréal. J’aurais bien voulu qu’on lui accorde un dernier contrat d’une saison, ou bien de deux, quitte à aviser par la suite. Du lot ci-haut mentionné, il est bien le seul que je regrette, je le dis tout net.

Car bien que le Général recevait son lot de critiques, ce n’était rien face aux flots incessants de reproches qui se déferlaient, à tort ou à raison, sur Emelin et Beaulieu : Le russe était trop payé, un cône en défensive et Nate the (pas si )Great était inconstant et doté d’une éthique de travail des plus douteuses. Maintenant qu’ils sont partis, on les regrettent ? Dès que le Canadien rencontrait des difficultés, ces deux-là étaient parmi les premiers pointés du doigts. On réclamait de les transiger, ou même de carrément racheter le contrat du 74. Je ne me souviens plus du nombre de commentaires que j’ai vu passer, cet été, qui clamaient qu’il était complètement impossible que les Golden Knights jettent son dévolu sur un aussi mauvais arrière qu’Alexei Emelin. On allait à tout coup réclamer Charles Hudon, disait-on. Personnellement, j’admet qu’il aurait été mon choix, mais ce n’est pas moi qui dirige Vegas. Heureusement, si je me fie aux excellents (incroyables) résultats de cette équipe. Miss you, Gallant. 

Du jour au lendemain, Bergevin est devenu un crétin pour avoir laissé partir/perdu ces deux défenseurs. Deux joueurs qui seraient peut-être encore avec le CH, n’eut été de ce fameux repêchage d’expansion. Encore que je ne sois pas particulièrement persuadé qu’on aurait enduré bien longtemps l’attitude de Nathan Beaulieu… pas plus que je ne suis convaincu qu’on aurait prolongé le contrat, qui arrivait à échéance le 1er juillet 2018, d’Emelin… Parlant de ce dernier, on pleure aujourd’hui ses coups d’épaules, alors qu’hier on clamait haut et fort  »sauf pour ce qui est de frapper, il n’est bon à rien! ».

Pour en revenir à l’enfant terrible : Où en est présentement le controversé Beaulieu, pourtant si talentueux, avec les Sabres ? 3 passes et un différentiel de -10 en 22 rencontres. Il a pourtant obtenu sa chance sur la 1ere paire, au début de la campagne. Quoi ? C’est parce qu’il joue avec une équipe médiocre ? Parfait, alors c’est sûrement parce qu’Emelin joue avec une équipe de tête, dans ce cas, qu’il a une meilleure fiche que Karl Alzner ! 5 passes +6 en 31 pour le premier vs 5 passes -5 en 34 pour le second (aussi appelé l’autre)…

Maintenant, avançons un peu dans le temps, plus précisément à aujourd’hui : la brigade d’arrières du Tricolore a débuté la saison composée des joueurs suivants :

Weber
Petry
Alzner
Mete*
Jerabek
Schlemko+
Morrow
Davidson**
(Streit)

Finissons-en avec le fameux Brandon Davidson : Tout ce qu’il y a à dire; c’est que ce dernier est mieux dans le top6 d’une autre équipe. En l’occurrence, les Oilers, qui l’ont rapatrié en le réclamant au ballottage. En ce qui concerne Mark Streit, tout ce qu’il y a à dire; c’est que ce dernier est mieux en étant sur le top6 d’aucune autre équipe…

Toujours est-il que, en excluant les joueurs mentionnés plus haut dans la première partie de ce texte, j’ajouterais que Jordie Benn est venu, à mon avis, avantageusement remplacer Greg Pateryn. Si ça intéresse quelqu’un, Benn a présentement 4 buts, 9 points et un différentiel de +2, en 33 parties, pendant que Pateryn totalise 1 seul filet, 3 points et un différentiel de +3, en 26 joutes. Tout de même pas mauvais pour Pateryn, je le concède. Les deux font bien défensivement, devant des gardiens qui ont éprouvé leur large part d’ennuies, mais l’un deux génère un peu plus d’offensive, tout en jouant pour une équipe qui marque un peu moins (2,91 BP chez les Stars).

Évidemment, les deux joueurs – et les deux équipes – évoluent dans des environnements distincts, dont des Divisions aux forces très différentes. Ceci dit, jusqu’à maintenant cette saison, le Canadien produit précisément le même nombre de buts par match qu’au cours de la dernière campagne. C’est-à-dire une moyenne de 2,76  BP. On remercie Daniel Carr, le seul pointeur d’un point par partie du CH, hehe. Mais, ça, c’est une autre histoire…

La petite voiture, vroum vroum
Image tirée du JdM

Puis, bien que Mark Barberio (30 : 2-6-8  -3) tire assez bien son épingle du jeu au Colorado, il faut avouer qu’il s’est lui-même sorti de Montréal en s’assoyant sur son nouveau contrat de 2 saisons. Je pense qu’il en est lui-même conscient. Cependant, jusqu’à maintenant, force est d’admettre que Joe Morrow s’en tire – statistiquement parlant – encore mieux, avec une récolte de 5 points, dont 3 filets et un différentiel neutre de +/- 0, en seulement 19 rencontres. Là-dessus, je ne suis pas très objectif, puisque j’ai un parti pris en faveur de Morrow, depuis bien longtemps. En fait, depuis qu’on a échangé Morrow contre MorrowGo Morrow, go Morrow !

Poursuivons : Jakub Jerabek, encore assez fraîchement rappelé du Rocket – où il a fait ses classes dans un cours d’américanision accéléré -, se tire bien d’affaire avec un différentiel de +4, malgré qu’il ne soit parvenu à récolté aucun point, en 9 parties. Dans son cas, il a encore beaucoup à apprendre… mais le potentiel est là. Quant à Victor Mete, présentement prêté à Équipe Canada Junior, il a également très bien débuté son apprentissage avec 4 passes, +5, en 27 joutes dans la Ligue nationale. Dans son cas aussi, le meilleur est à venir. D’autre part, son expérience acquise durant le Championnat du monde de hockey junior sera certainement précieuse, à son retour, si Shea Weber est toujours sur la liste des éclopés.

Enfin, il ne reste plus qu’à traiter de David Schlemko. 1 passe, +6, en 9 matchs depuis son retour d’une blessure qui le tenait à l’écart depuis le lancement de la campagne. Si ce n’est assurément rien pour écrire à sa mère, il faut admettre que Schlemko abat une honnête besogne sur le Top6 Montréalais. Si aucun d’eux n’a le potentiel de remplacer Markov – qui aurait certainement pu produire encore une 40aine de points, tout en maintenant un bon différentiel, à 39 ans clinquant aujourd’hui – je peux vivre avec le fait qu’on ait préféré arracher le plaster maintenant.

Qu’en pensez-vous, hormis pour ce qui est du Général, y-a-t-il vraiment un arrière susmentionné qui aurait fait une grosse différence positive sur le top6 du Bleu-Blanc-Rouge ? Excluant, tel que précisé au début de cet article, le très prometteur Mikhail SergachevPour ma part, je pense me ranger derrière les raisons qui ont mené aux décisions causant les départs des trois principaux intéressés. Il s’agissait surtout d’un concours de circonstances : un repêchage d’expansion, pour d’eux d’entre eux, et un facteur âge/durée/argent – ainsi qu’un désir de changement de garde – pour l’autre. Non, en vérité, c’est parce que les 3 sont russes, avec Beauliov. Mais, dans tous les cas, avant ou après, le plus gros morceau de cette défensive, c’est le numéro 31. Quand Carey Price va, tout va.

 

 

 

Merci de nous lire, et bonne journée à tous ! Curieusement, j’ai faim !

Crédit image entête, NHL.com

Tom L.D. MacAingeal
 

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