Les trios qui étaient juste trop bons !

Ce n’est pas une surprise pour personne, car je vous avais prévenu sur la face A de la cassette… Si ça ne fonctionne toujours pas, mettez votre téléviseur « au 3 ».

(Bruit de connexion à internet du début des années 2000)

C’est donc sans surprise que je vais continuer de vous entretenir à propos des trios marquants de l’histoire de la Ligue nationale de hockey. Au cours du dernier article, nous nous étions penchés sur l’histoire de la French Connection, de la Production Line et de la Punch Line. Lorsque je vous ai salué, à la fin du dernier texte, nous abordions le trio mythique du Canadien de Montréal des années 1943 à 1948.

Les meilleurs trios, mais pas ceux du McDo…

Tant qu’à « être à Montréal », j’ai bien envie de prolonger mon séjour dans la métropole en vous parlant d’un autre trio ayant fait la gloire du CH. Il s’agit de…



La Dynasty Line:

Ce trio, malheureusement suite au décès de Guy Lafleur, nous en avons abondamment parlé, car il a fait partie de cette ligne d’attaque qui devait être pour le moins terrifiante pour les gardiens de but adverses. Ce trio était constitué de : Guy Lafleur, Steve Shutt et Jacques Lemaire. On en parle moins aujourd’hui, mais avant Jacques Lemaire, c’était Pete Mahovlich qui complétait la puissante ligne.

Du propre aveu de Jacques Lemaire, aujourd’hui membre du Temple de la renommée suite à une glorieuse carrière de 853 matchs : « Comment tu veux ne pas marquer quand tu joues avec un gars qui marque 50 buts et un autre qui en marque 60? » Quand on sait que Jacques Lemaire était davantage un joueur à caractère défensif…

Et c’est d’ailleurs ce qui a causé une profonde cassure entre lui et Guy Lafleur, car à la fin de sa carrière de joueur, Lemaire est devenu l’entraîneur de Lafleur et il a mis beaucoup de pression sur « le démon blond » afin qu’il devienne un joueur beaucoup plus défensif. Je comprends Lemaire quand il dit qu’il voulait juste que son joueur (et ancien coéquipier) devienne un joueur plus complet, mais en même temps, Lafleur est l’archétype du fougueux attaquant. C’est comme essayer de faire rentrer une pièce ronde dans un trou carré. À moins de faire un casse-tête « à la Elvis Gratton » en cassant les bouts « en extra », ça ne peut juste pas fonctionner. Disons qu’il est arrivé la même chose à Guy Lafleur qu’au casse-tête du « King Gratton », oui, celui qui a un garage… Un gros garage… Foncièrement malheureux dans ce nouveau style de coaching, Lafleur prit sa retraite prématurément en 1984. Avant cette période, cependant, car je préfère me concentrer sur le positif, ce trio a probablement été un des meilleurs des années 1970 et une des principales raisons des quatre Coupes consécutives à la fin des années ’70.

Hormis la Dynasty Line, un excellent entraîneur en Scotty Bowman, un gardien de but phénoménal en Ken Dryden, si je devais nommer un autre trio ayant marqué le monde du hockey, au cours de ces années, je parlerais du …

Le Big Three :

Ici, dans ce trio, ce qu’il y a de particulier c’est que ce n’est pas un trio formé d’attaquants. En effet, le Big Three est formé de trois défenseurs du Canadien aujourd’hui membres du Temple de la renommée et de qui les numéros ont été retirés par l’organisation : Serge Savard, Larry Robinson et Guy Lapointe.

Pour donner des idées de grandeur, Lapointe est le deuxième pointeur dans l’histoire de l’équipe chez les défenseurs avec 166 buts et 572 points. Le seul défenseur qui a réussi à le dépasser, dans la riche histoire de la Sainte-Flanelle, est son coéquipier et autre membre du trio, Larry Robinson. Selon un autre illustre ancien coéquipier, le gardien Ken Dryden : « Au début et jusqu’au milieu des années ’70, Lapointe était le deuxième meilleur défenseur de la Ligue, juste derrière Bobby Orr. » Ce n’est pas peu dire.

Selon The Hockey Writers : « Individuellement : Savard, Robinson et Lapointe étaient excellents. Ensemble, ils étaient inarrêtables. Ils étaient tous incroyablement talentueux et jouaient avec intensité. Le paquet complet. C’était presque injuste qu’une équipe puisse compter sur autant de talent dans son alignement, mais ça illustre bien comment étaient les Canadiens au cours de cette glorieuse période de laquelle ils ont remporté quatre Coupes Stanley consécutives. »

Vous savez à quel point je suis frileux avec les comparaisons, surtout lorsqu’on parle d’une équipe avec autant de joueurs qui jouaient en même temps… Pour la même équipe… Et qui sont aujourd’hui membres du Temple de la renommée, mais quelque part en Pennsylvanie, plus précisément à Philadelphie, il y avait un autre trio dont on parle encore…



La L.C.B Line :

Au cours des années 70, les Flyers ont remporté deux Coupes d’affilée, soit en 1974 et en 1975….juste avant que les Canadiens de qui je viens juste de parler remportent leurs quatre titres d’affilée. À l’instar du Canadien, les « Broadstreet Bullies » pouvaient compter sur un excellent gardien en Bernie Parent, mais aussi une ligne d’attaque avec beaucoup de talent et d’énergie, soit la L.C.B. Line. Parfois, on cherche loin pour trouver un nom quasi-poétique à un trio. Ici, on n’a pas cherché de midi à 14 heures. Les trois lettres du nom de la ligne sont les trois premières des noms de famille des joueurs qui en faisaient partie, soit (Reggie) Leach, (Bill) Barber et (Bobby) Clarke.

Selon le Bleacher Report : « Cette ligne est de loin la plus mythique de toute l’histoire de la concession. La L.C.B. est le trio qui a connu le plus de succès à Philadelphie. À leur première année ensemble, ils ont remporté la Coupe Stanley. Par la suite, ils se sont rendus en finale de la Coupe Stanley à plusieurs reprises avant leur dissolution. Le trio a établi un record de buts pour une ligne avec 141 (Leach: 61 , Clarke : 30 et Barber : 50) pendant que Clarke était en route vers son troisième trophée Hart en établissant un record de points pour le club avec 119. Avec tout le succès qu’ils ont connu, tant individuellement que collectivement, il ne fait nul doute qu’il s’agit du meilleur trio de l’histoire de l’équipe. »

Je ne saurais dire le contraire, car, si vous avez la chance de regarder des enregistrements de la Coupe Canada de 1976, leur trio est demeuré intact pour le compétition. Ils ont même marqué un but lors du match final où le Canada a vaincu la Tchécoslovaquie en prolongation grâce à un but de Darryl Sittler. Non, mais….quand vous avez le choix entre tous les meilleurs joueurs canadiens des années 70… Et il y en avait beaucoup… Et vous gardez un trio intact, c’est que c’en est un excellent.

Quelques années plus tard, toujours à Philadelphie, le monde du hockey a été ahuri par…

The Legion of Doom :

À l’image de quand Pavel Bure et Alexander Mogilny ont joué ensemble le temps de quelques années, mais on en parle encore aujourd’hui, ce trio était formé de Eric Lindros… Fraîchement acquis de Québec… John LeClair… Fraîchement acquis de Montréal… Et Mikael Renberg… Fraîchement acquis de monsieur et madame Renberg. En seulement trois ans ensemble, la L.O.D. a amassé collectivement 666 points et a emmené l’équipe jusqu’en finale de la Coupe Stanley où ils ont Malheureusement été balayés par les Red Wings… Et un certain Scotty Bowman de qui je viens de parler, lui qui avait dirigé les Canadiens au cours de leurs années de gloire des années ’70.

Cette ligne d’attaque était terrifiante. Non-seulement en raison de sa puissance de de frappe, mais surtout en raison de son jeu extrêmement robuste. Je n’oserais pas les comparer aux « Broadstreet Bullies » des années ’70, mais j’en conviens que les joueurs adverses devaient jouer sur les talons… Et ça patine très mal ainsi!

Vous connaissez mon amour pour le hockey des années ’70. Je ne m’en suis jamais caché que j’ai grandi et je suis tombé amoureux du hockey en regardant celui des années ’90. Entre les deux, il y a eu les années 80… Oui, oui, je vous jure… Au cours de cette période, un trio a complètement marqué les esprits et fait rêver des millions d’enfants. Ce trio évoluait dans l’État de New-York… Mais pas dans le centre-ville de la Grosse Pomme. Non, ce trio est celui qui a porté les couleurs des Islanders de New-York, un trio : imposant, impétueux, majestueux et indomptable comme le fleuve qui déferle pendant 3 037 kilomètres, celui qui prend naissance au Colorado… qui sépare le Texas du Mexique avant de se jeter dans le Golfe du Mexique. J’ai nommé…

Le Rio Grande!



Oups, excusez mon auto-correcteur…

Le Trio Grande :

Vous savez, cette année, on entend beaucoup parler du Lightning qui pourrait remporter une troisième Coupe Stanley consécutive, et ça défie complètement l’entendement. Juste à titre de rappel : en 1997 et en 1998, les Red Wings ont remporté la Coupe Stanley. Je viens d’ailleurs de faire allusion à celle de 1997 acquise aux dépens des Flyers. Vous souvenez-vous de l’équipe suivante qui a réussi à remporter le précieux titre pendant deux années d’affilée ? Les Penguins de 2016 et 2017… Presque 20 ans, entre les deux phénomènes! Maintenant, imaginez que les Islanders en ont remporté quatre de suite au début des années ’80… Tout de suite après que les Canadiens… Desquels j’ai abondamment parlé… En aient eux aussi gagné quatre de suites, donc deux équipes qui se partagent successivement huit titres d’affilée. Incroyable. Si toutefois les Islanders ont réussi ce tour de force, c’est grâce à un trio duquel, lui aussi, les trois membres sont aujourd’hui au Temple de la renommée : Bryan Trottier, Mike Bossy et Clark Gillies.

À l’image de quand, au cours de mon texte précédent, je vous parlais de la Punch Line où les trois joueurs remplissaient un rôle clé. Ici, la même logique est respectée. Le capitaine, Clark Gillies, était un joueur physique puissant et très efficace pour les batailles le long des bandes. Trottier, quant à lui, à l’image de Bergeron ou Gainey, était un joueur qui excellait tant sur le plan offensif que défensif. Bossy, de son côté, était véritablement un marqueur incroyable. Il avait un flair offensif et un talent comme on en voit rarement. Dès sa première saison, Bossy a marqué 20 buts en 22 matchs et, à la fin de la saison, après avoir marqué 53 buts (un record pour une recrue), il a remporté le trophée Calder remis à la meilleure recrue de la Ligue. Le reste, comme on dit… Il appartient à l’histoire.

Au cours de cet article divisé en deux textes, j’ai fait allusion au hockey des années : ’50, ’60, ’70, ’80 et ’90. En terminant, j’aimerais me faire plaisir… Et j’espère vous faire plaisir par la même occasion. J’ai envie de vous parler d’un trio qui a joué au cours des années… ’10!

Bien que je ne l’aie jamais verbalisé explicitement, une de mes passions dans la vie est l’histoire. Si le coût de la vie n’était pas si élevé, je crois que je lâcherais tous mes emplois pour étudier l’histoire. Avec des millions d’années d’histoire avant que nous arrivions… Et l’histoire continue de s’écrire chaque jour… Je ne manquerais jamais de sujets d’études et d’occasions d’être fasciné. Un jour, peut-être ! Comme je ne suis pas encore rendu-là et que mon 6/49 n’a pas encore été validé, je nous offre à nous tous, tant à vous qu’à moi, la fabuleuse histoire…



Des Flying Frenchmen:

« Frenchmen, c’est pas sérieux! » Oui, je te le jure! En effet, ce trio était composé de: Jack Laviolette, Édouard Charles « Newsy Lalonde » et Didier « Cannonball » Pitre. Ce trio formé en 1909 a remporté sa première Coupe Stanley en 1915-1916. En 1917, ils ont connu la création de la Ligue nationale, bien qu’elle ne ressemblait en rien, à l’époque, à ce à quoi elle ressemble aujourd’hui. En 1950, Lalonde a été admis au Temple de la renommée. Par contre, pour ses coéquipiers, leur intronisation s’est faite en 1962. Encore aujourd’hui, on n’hésite pas à parler d’eux comme faisant partie des meilleurs joueurs de l’histoire du hockey.

À l’image de la L.C.B. Line, nul besoin de chercher la métaphore ou le message codé dans le nom de leur trio. En effet, ce sobriquet leur a été donné par les Anglophones parce qu’il s’agissait dans les trois cas de franco-ontariens de naissance.

Comme dans la vie de tous les jours, ce n’est pas toujours nécessaire de chercher trop loin! Rappelez-vous de  » l’osstidcho », le spectacle marquant, un moment clé de la Révolution tranquille et de l’émancipation, de l’affirmation du peuple québécois francophone. Savez-vous d’où vient le titre de ce moment dont on parle dans les cours d’histoire? …

À moins qu’on n’en parle plus sous prétexte que le titre soit jugé offensant…

Ce titre est sorti du très coloré, le regretté Paul Buissonneau. Découragé par les pitreries des artistes rassemblés pour l’élaboration du spectacle, dans un accès de colère, il dira « vous vous le mettrez dans (…), Votre os** d’show » Ce à quoi Robert Charlebois répondra « oh, mais tu parles d’un beau titre! » Semblerait-il que, avant cette colère, le titre retenu était « Les parapluies de Sherbrooke. » Ouin… On dirait que l’effet n’aurait pas été le même…

L’idée de base était de susciter l’intérêt des amateurs de hockey francophones en formant une équipe professionnelle de hockey à Montréal avec des joueurs francophones…

car l’équipe des joueurs anglophones à Montréal était celle des Maroons…

Pour ce faire, O’Brien voulait bâtir une équipe: rapide, exaltante et talentueuse. Ces qualités de base deviendraient, selon lui, la marque de commerce de l’équipe, pour les années à venir. Il a tellement réussi son pari que les journalistes et reporters anglophones ont commencé à parler des joueurs des Canadiens en utilisant l’expression « Flying Frenchmen », soit les francophones qui volaient sur la glace.

Des trios marquants, je n’en ai même pas présenté une dizaine. Les Canadiens de Montréal existent depuis 113 ans et la Ligue depuis 105 ans. Il y en a alors eu des milliers. En même temps, ça va de soi que des trios légendaires… Il ne peut en exister des milliers. Sinon, ils n’auraient rien de légendaire. De plus, comme je l’ai exprimé d’entrée de jeu, je ne suis pas là science infuse. Je ne connais pas tout, mais je prends un plaisir immodéré à apprendre. Mes principales passions sont : le hockey, le français et l’histoire. Grâce à vous, avec vous, j’arrive à conjuguer les trois encore plus aisément que les verbes employés au participe passé.

Si, matin, après vous avoir parlé pendant des heures, je vous demandais : quel est le trio qui vous a marqué?

Pour poursuivre la discussion, à la fin de ma médiagraphie, je vous laisse un palmarès des meilleurs noms de trios… Car il y en a des… Différents!

Allez, prenez soin de vous!

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En Prolongation

Bonne Saint-Jean !


Crédit image entête, Dave Stubbs (via Twitter)



Sources :

https://en.m.wikipedia.org/wiki/List_of_ice_hockey_line_nicknames#:~:text=%22The%20Dynasty%20Line%22%3A%20Guy,Montreal%20Canadiens%20in%20the%201970s.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Guy_Lafleur

https://www.rds.ca/hockey/canadiens/canadiens-jacques-lemaire-revient-sur-sa-relation-avec-guy-lafleur-1.15720450

https://www.journaldemontreal.com/2022/04/26/amitie-et-respect

https://www.tvasports.ca/2020/08/06/larchitecte-du-big-three-de-2020#:~:text=Selon%20moi%2C%20il%20n’y,Serge%20Savard%20et%20Guy%20Lapointe.

https://www.lapresse.ca/sports/hockey/201411/08/01-4817099-le-big-three-enfin-reuni.php

Canadiens 12 Days of Hockeymas: The Legendary Big Three on Defense

https://syndication.bleacherreport.com/amp/652591-philadelphia-flyers-the-5-top-lines-in-flyers-history.amp.html

https://fr.vikidia.org/wiki/Rio_Grande

https://en.m.wikipedia.org/wiki/The_Trio_Grande

https://www.nhl.com/islanders/news/mavens-memories-how-the-trio-grande-happened/c-319759954

https://www.heritagetrust.on.ca/en/pages/our-stories/exhibits/snapshots-of-ontarios-sport-heritage/sports-personalities-traditions-and-key-events/the-flying-frenchmen

https://www.banq.qc.ca/collections/collection_numerique/losstidcho/histoire/

The Flying Frenchmen (1917-1919)

https://www.yardbarker.com/nhl/articles/the_best_hockey_line_nicknames/s1__34078580

https://www.sportsnet.ca/hockey/nhl/best-hockey-nhl-lines-nicknames-legion-of-doom-kraut-line-kid-zz-pops-kraut-hull-oates/

David Leboeuf
 

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