Raymond Bourque, mon idole

La semaine passée, comme les autres semaines précédentes, finalement…

J’ai raconté un bien triste anniversaire, celui de l’année 2011 où trois joueurs du circuit Bettman avaient mis fin à leurs jours, tous les trois, à la suite d’une dépression post-traumatique, subséquemment à une commotion cérébrale.

Je ne regrette nullement ce texte, tout comme les autres, moyennement « hop la vie » aussi, car leur teneur était véridique et leur raison d’être légitime, mais ce n’est pas parce que la vie te donne un cactus que tu es obligé de t’asseoir dessus.

En gros: faisons-nous un plaisir collectif, et offrons-nous un texte positif…

Évidemment, ce qui est positif pour moi peut être négatif pour toi, mais comme je répète souvent à mes enfants : « On ne pourra jamais contenter l’incontentable. »

Bon, êtes-vous prêts? Sinon, la Zamboni va passer, et on n’aura pas eu le temps de jouer…

Attachez-vous à votre beau casque arrondi Jofa, et on repart en 2001, lorsque l’Avalanche du Colorado a remporté la deuxième coupe Stanley de son histoire…

Oui, oui, la première étant en 1996, mais inutile de rappeler pourquoi je m’en souviens. Si vous avez des questions, je vous conseille de réécouter « Bon Cop, Bad Cop ».

Merci.

Je pense – du moins, j’espère – que tout amateur de hockey ait un joueur préféré, un joueur ou un gardien qui le fait rêver. On a tous un joueur pour qui on s’est déjà demandé… Est-il humain? A-t-il des défauts?

Oh… Et est-il capable de plier un drap contour? … Et de faire cuire juste la bonne quantité de pâtes?

Moi, si je vous pouvais vous emmener dans la chambre du moi adolescent…

Je ne le ferais pas, car c’était le bordel…

Mais, si vous aviez cette chance, vous verriez des affiches sur chaque mur, à l’image de…

Rayyyyyyyymonnnnnd Bouuuuurqueeeeee!

Moi, cet homme-là, je lui aurais donné le Bon Dieu sans confession… Et même mon mot de passe Caramail.

Pourtant, il n’était pas exubérant comme P.K. Subban ou bavard comme Jeremy Roenick, mais il faisait le travail. Ce gars-là était d’une fiabilité sans pareil, et en plus…. C’était un p’tit gars de chez nous… Un p’tit Québécois qui portait le « C », sur son chandail des Bruins de Boston

Personnellement, je ne crois pas qu’on puisse aimer passionnément les Canadiens de Montréal… Et les Bruins de Boston. Tout comme on ne peut pas encourager « Gryffondor » et « Serpentard ».

Un moment donné, il faut faire un choix.

Toutefois, je sais reconnaître que Boston est une sacrée machine de hockey, et ce, depuis des années, sans compter qu’on ne peut humainement détester Patrice Bergeron, mais… C’est comme ça…

Toujours est-il que, même si, pour paraphraser, je n’étais pas fan des Bruins, j’ai toujours aimé Bourque, et que dire de ses prestations au Match des Étoiles?

Juste pour rêver un peu, rappelons-nous ses statistiques les plus éloquentes. Raymond Jean Bourque, qui est né en 1960, totalise: 410 buts, 1169 mentions d’aide, pour un total de 1579 points en 1612 matchs, échelonnés entre 1979 et 2001.

Le 6 mars 2000, après 21 ans au Massachusetts, 21 ans, sans être parvenue à gagner le précieux trophée, la direction des Bruins fait, à mon sens, preuve d’une très grande élégance en échangeant celui qui porte leur concession sur ses épaules depuis plus de 20 ans, pour lui donner une véritable chance de gagner la Coupe.

En compagnie de Dave Andreychuk, Bourque s’envole vers les rocheuses, en échange de : Martin Grenier, Brian Rolston, Samuel Pahlsson et un choix de première ronde.

La brique qu’était cet échange se rajoutait au mur déjà solide formé par: Patrick Roy…

Voulez-vous que je vous rappelle ce qui l’a emmené à Denver, ou ce sera parfait ainsi…?

On me souffle à l’oreille que je ferais mieux de poursuivre…

Dans ce mur, il y avait un autre joueur qui semblait venir d’un autre monde, Joe Sakic, et son fidèle acolyte, comme Batman et Robin, Peter Forsberg.

Évidemment, ça prend tout une équipe pour mettre la main sur la Coupe, mais ceux-ci aident grandement.

Un autre joueur d’impact s’amène en renfort, lorsque Rob Blake, en compagnie du prometteur Steven Reinprecht, directement de Los Angeles, en retour de : Adam Deadmarsh, Aaron Miller et un choix de première ronde.

Selon les dires de Marc Crawford, à l’époque entraîneur des Canucks de Vancouver et entraîneur de l’Avalanche lorsque ceux-ci remportèrent la Coupe en 1996, Colorado venait de mettre la main sur la pièce qu’il leur manquait pour remporter les grands honneurs.

Rob Blake, lui non plus, n’en était pas à ses débuts, dans la meilleure ligue de hockey au monde. Il amorça sa carrière, en 1990, à Los Angeles…

Vous savez, quand il n’y a pas de hockey actuel à diffuser, les câblodistributeurs présentent les matchs de la coupe Stanley de 1993, entre les Glorieux et les Kings. Si vous cherchez un peu, vous le trouverez, le jeune et robuste défenseur originaire de Simcoe en Ontario.

Si Bourque accrocha ses patins, en 2001, suite à cette conquête tant espérée, Blake, quant à lui, joua jusqu’en 2010.



 

C’est alors une machine de hockey déjà bien huilée, à laquelle on rajoutait deux défenseurs aujourd’hui membres du Temple de la Renommée du Hockey, que l’Avalanche se présente aux séries éliminatoires.

D’entrée de jeu, la bande de Joe Sakic, dirigée par Bob Hartley, devra se mesurer aux Canucks de Vancouver… Et Marc Crawford, qui avait affirmé que la formation américaine avait tout en main, pour rafler les honneurs…

Et, malheureusement pour lui, il avait vu juste, et son ancienne formation le balaya en lever de rideau.

L’opposition fut beaucoup plus farouche au deuxième tour, où les ex-Nordiques affrontèrent Los Angeles… Et tous les joueurs cédés en échange de Rob Blake.

La série se rendit jusqu’au match ultime, où l’Avalanche passa au tour suivant, non sans une bonne frousse au passage…

En Finale d’Association, les coéquipiers de Casseau se mesurèrent aux Blues, qui ne savaient pas encore qu’il leur restait encore 18 ans à attendre avant la consécration.

Cette fois, le gagnant ne mit que cinq matchs, pour se sauver avec son billet, pour la grande finale.

À la toute dernière étape, ou, comme je l’appelle, « le boss de la fin », Patrick Roy dut se mesurer à un autre cerbère québécois, car nous étions à une époque où une grande proportion de portiers de la LNH provenait du Québec. Son rival n’était nul autre que Martin Brodeur et les Devils du New Jersey.

Quand je disais qu’on ne pouvait détester Raymond Bourque ou Patrice Bergeron, il en va de même pour le visage du club de East Rutherford.

Mais la vie est ainsi faite. Puisque ce n’est pas une fête pour enfants où tout le monde peut repartir avec son trophée, ça prend un gagnant, et ce fut l’Avalanche, encore ici, dans un septième et ultime match.

Je n’oublierai jamais cette scène, qui figure aujourd’hui dans tellement de rétrospectives sportives: celle où le commissaire de la Ligue, Gary Bettman, invite Bourque à venir chercher le précieux trophée, mais, comme la coutume veut que ce soit le Capitaine de l’équipe qui la soulève en premier, dans le cas présent, c’était Joe Sakic, Bourque a envoyé son capitaine la chercher, en disant : »Va la chercher, et tu me la donneras après… »

Le reste appartient à l’histoire: cette image de Raymond Bourque qui soulève enfin le Saint-Graal, après 22 ans…

22 ans… Imaginez désirer une seule chose, avec tout votre corps et toute votre âme. Imaginez centrer votre vie sur un seul but, pendant 22 ans…

Puis, un jour, ça y est. Vous l’avez. Vous la tenez enfin.

À la suite de cette éprouvante conquête, Patrick Roy remporta le troisième trophée Conn Smythe de sa carrière.

Parmi ses quatre conquêtes, il n’y a qu’en 1996 qu’il ne mit pas la main dessus. Ce dernier revint à Joe Sakic, lorsqu’ils eurent éliminé les surprenants Panthers de la Floride… Et un certain John Vanbiesbrouck.

Pour revenir à cette conquête de 2001, je n’oublierai jamais l’image de Raymond Bourque qui tient le précieux trophée à bout de bras.

Bourque prit sa retraite en champion, car, comme il l’affirmera lui-même : » Je préfère me retirer, alors que je peux encore exceller, plutôt que de me dire j’aurais dû le faire, avant… »

Voilà, une glorieuse fin pour une glorieuse carrière.

En somme, merci, cher hockey de nourrir mes rêves et mon imaginaire depuis plus de 30 ans.

Merci, Raymond Bourque, pour la magie, pour les souvenirs et pour toutes ces précieuses images qui me repassent, encore et toujours, en tête.

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Tirage !
Pour avoir une chance de remporter un superbe chandail autographié de Ryan Poehling, consultez le lien ci-dessous :


Crédit image entête, NHL.com




Sources:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Raymond_Bourque
https://www.ballecourbe.ca/ephemeride-raymond-bourque-colorado
https://www.rds.ca/hockey/l-echange-rob-blake-vu-par-les-joueurs-de-l-avalanche-1.169610
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Robert_Blake_(hockey_sur_glace)
http://www.hhof.com/htmlInduct/ind14prolog.shtml
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9ries_%C3%A9liminatoires_de_la_Coupe_Stanley_2001
David Leboeuf
 

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