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Que fera Bowman ?

Le 14 juillet 2009, Stan Bowman arrive à la tête de ce qui allait rapidement devenir une dynastie des temps modernes, en étant nommé directeur général des Blackhawks de Chicago, en remplacement de Dale Tallon, alors en poste depuis 2005. Cette année-là, deux mois avant d’être congédié, Tallon a vu son club s’incliner en Finale de l’Ouest, quelques mois après avoir amené Joel Quenneville derrière le banc des siens.

En plus du pilote de l’équipe, c’est Tallon qui a repêché ce qui allait devenir les pierres d’assise de la formation : Jonathan Toews et Patrick Kane. Dès son arrivée en poste, c’est aussi Tallon qui a repêché Niklas Hjalmarsson. C’est également ce dernier qui a amené les joueurs Patrick Sharp et Brian Campbell, qui allaient rendre de précieux services à l’équipe pour les années suivantes. Malheureusement pour lui, c’est Tallon lui-même qui a accroché l’épée de Damocles au-dessus de sa tête, en embauchant Scotty Bowman, le père de Stan, en tant que conseiller senior, l’année précédant sa destitution. Officiellement, c’est son implication dans un imbroglio entourant des offres qualificatives soumises après l’échéance qui aura eu raison de lui. John McDonough, le président de la concession, a d’ailleurs déjà déclaré que, sans cet incident, Tallon n’aurait « probablement pas » été limogé

Environ 2 semaines avant son renvoi, c’est également Tallon qui a mis Marian Hossa sous contrat. Bref, la liste est longue. À peu près tous les joueurs qui ont permis à Bowman de remporter sa première Coupe, de même qu’en partie les deux suivantes, était déjà en place à son arrivée. Incluant des joueurs antérieurs à l’ère Tallon, tel que Keith, Seabrook et Byfuglien…

Ceci dit, c’est Bowman qui les a remporté; pas Tallon. Et il ne s’agit pas d’essayer de dénigrer Bowman… obtenir 3 fois la Coupe Stanley, en l’espace de 7 occasions, relève de l’exploit ! D’autant plus en cette ère récente, où la parité est plus présente que jamais auparavant…

Tout de même, en ces temps plus difficiles, alors que Bowman fait face à un immense défi, tandis que le résultat de ses décisions consécutives précédentes, forcées par un plafond salarial restreignant, commence à peser lourdement sur sa formation, je me demande quelle voie il choisira… Je me questionne à savoir comment il parviendra à ramener sa troupe à un haut niveau de compétitivité, sans passer par 2 ou 3 autres saisons de misère. Bien sûr, l’état de santé de Crawford, tout du long de la dernière campagne, a joué pour beaucoup dans les résultats – ou plutôt, l’absence de résultats – de l’équipe. Mais ça n’explique pas tout.

Au cours des dernières années, plusieurs décisions prises pour se conformer au plafond salarial, parfois pour réparer ses propres erreurs; par exemple, céder le jeune Teuvo Teravainen pour presque rien, afin de se départir de la dernière année encore attachée au plus récent contrat de Brian Bickell, auront fini par faire mal.

Son affection pour ses anciens joueurs, ceux-là mêmes qui l’ont aidé à gagner quelques années auparavant, commence également à lui coûter très cher. Par exemple, lorsqu’il a cédé Marko Dano, un choix de 1ere ronde 2016, ainsi qu’un choix conditionnel 2018, pour rapatrier le joueur de location de l’heure; Andrew Ladd. La même année, bien qu’ils ne s’agissent toutefois pas d’anciens Hawks, Bowman a consenti à payer Philipp Danault et un choix de 2e ronde 2018, afin de mettre la main sur Dale Weise et Tomas Fleischmann. L’année suivante, c’est Johnny Oduya, parti depuis seulement 2 ans, que les Blackhawks ramenaient dans leur giron. Certes, Mark McNeill et la sélection de 4e tour ne manqueront probablement pas vraiment à l’équipe, mais l’idée de tous les rapatrier est quelque peu incongrue. On pourrait pratiquement qualifier cette pratique de loyauté mal placée. Car il faut ajouter quelques autres retours discutables, entre autres celui de Sharp, mais surtout celui de Saad… Y-a-t-il seulement quelqu’un quelque part qui a fini par comprendre pourquoi il avait envoyé Artemi Panarin à Columbus, un peu moins de 2 ans après avoir obtenu Anisimov, Morin, Dano (encore lui) et Tropp pour ce même Saad ? Patrick Kane cherche toujours à comprendre, en tout cas ! D’autant plus que les deux principaux concernés empochent le même salaire pour encore une autre saison. Bowman, après la sortie expéditive de ses poulains, lors du bal printanier 2017, avait promis des changements… Il y a une marge à changer pour changer; surtout lorsqu’il s’agit de revenir à une formule déjà usée.

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Maintenant, tandis que les contrats de 10.5M chacun à Toews et Kane commencent à peser et que les piliers de la ligne bleue se font vieux – Duncan Keith (35 ans le 16 juillet prochain; 5.5M jusqu’en 2022-23) et Brent Seabrook (33 ans; 6.875M jusqu’en 2023-24) -, il sera très intéressant de découvrir ce que Bowman fera. Il ne pourra pas toujours pelleter ses problèmes vers l’avant; tôt ou tard, il devra y faire face… Au moins, alors qu’un seul de leurs choix de 1ere ronde de 2008 à 2016 inclusivement (pas de choix au 1er tour des encans 2015 et 2016) est toujours avec l’équipe, tel que me l’a souligné avec justesse mon ami Raymond – Nick Schmaltz, repêché 20e au total en 2014 -, les Hawks pourront miser sur deux sélections de 1er tour au prochain repêchage… après avoir échanger Ryan Hartman (30e au total en 2013) aux Predators en retour du premier choix de ces derniers.

Osera-t-il secouer le pommier et transiger son capitaine ? Peut-être, s’il en vient à la conclusion que Schmaltz pourrait bien être prêt à prendre la relève – dans une certaine mesure -, pour un salaire nettement moins élevé… De plus, malgré un cap-hit conséquent, le retour offert pour un joueur de la trempe de Toews pourrait être suffisamment juteux pour que Bowman morde à l’hameçon.

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Qu’en pensez-vous ?

 


Crédit image entête, Getty Images via RDS.ca

Tom L.D. MacAingeal
 

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Stephan - juin 16, 2018

Très bonne question. C est vrai que ses décisions le rattrape.

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