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Price ne fausse pas la donne

Certains voient en lui le meilleur gardien au monde, d’autres pas. Carey Price polarise les opinions depuis son arrivée dans la Ligue américaine, alors qu’il a aidé les Bulldogs à rafler la Coupe Calder, tandis qu’on chassait Jaroslav Halak de son filet. Déjà à cette époque, la controverse le suivait.

Plus tôt cette semaine, j’ai écris un article pour expliquer pourquoi j’étais optimiste concernant le futur du Canadien de Montréal :

Bergevin : Avant/Après

À un certain moment dans ce texte, je souligne qu’à 4 reprises, sur 6 occasions jusqu’à maintenant, le Canadien a lutté pour la première place de sa division. Dont trois fois avec succès. On m’a alors répondu que Carey Price faussait la donne. Après tout, lors des deux autres campagnes en question, le Tricolore a terminé dans les bas-fonds, alors que Price était soit blessé, soit complètement dépossédé de tous ses moyens. Et c’est vrai, mais…

La dernière fois que Steven Stamkos s’est blessé, ratant 65 matchs en 2016-17, les Bolts ont raté les séries… est-ce que Stamkos fausse la donnée ? Bien sûr, entre temps, Yzerman a ajouté plusieurs (genre vraiment beaucoup) gros morceaux à son alignement mais, bien que les deux équipes ne soient pas comparables, le principe est le même. D’autant plus que le Lightning n’avait plus du tout l’air de la même équipe, à un certain moment en séries, alors qu’on présumait que Stammer jouait blessé… Cela dit, Samkos fait partie de l’échiquier. Évidemment, il y a des exceptions, comme les Pens qui pouvaient compter sur Malkin pour prendre la relève lorsque Crosby s’absentait… mais tout comme le fait d’avoir deux centres numéro 1, ce n’est pas donné à tous de pouvoir miser sur deux gardiens numéro 1. Il est d’ailleurs très difficile de comparer l’apport entre des attaquants et des gardiens, vous en conviendrez sûrement ! 

En somme, Carey Price est certes un gros morceau, capital même, mais un morceau qui fait partie intégrante d’un tout. Il ne frime pas plus la donne à Montréal que Taylor Hall et Nathan McKinnon au New Jersey et au Colorado… À Montréal, Carey Price fait partie de la donne… et c’est pour cette raison qu’on lui a accordé 10.5M pour les 8 prochaines saisons à venir. Carey Price a été pigé et il fait partie de la main sur la laquelle peut miser le Canadien. Comme tous les autres joueurs, il peut se blesser ou sous-performer, mais il reste un joueur au sein d’une équipe. Qu’on l’aime ou pas. Et je n’ai jamais caché que je n’étais pas son plus grand fan, ce qui ne m’empêche pas de savoir l’apprécier. 

Pour terminer, j’aimerais rappeler, à tous ceux qui utilisent la dernière saison pour déclarer que Carey Price (3.11 et .900) camouflait jusqu’alors les carences en défensive, que Antti Niemi a terminé ses 19 matchs avec 2.46 et .929… alors qu’il évoluait derrière la même équipe. Je ne suis donc pas convaincu qu’il s’agisse du meilleur exemple. Je pense que Carey Price lui-même est bien conscient qu’il n’était pas du tout à niveau. Certes, outre cette année-là, Price améliore habituellement la défensive… Mais parce qu’il fait partie de la solution, pas parce qu’il fausse la donne. Tant qu’à ça, à son retour, Shea Weber frimera le jeu, en camouflant le manque de talent de la brigade de la ligne bleue… Connor McDavid n’a pas faussé la donne en amenant son équipe en séries en 2016-17… Tout comme Price, il a fait partie de la donne. Parfois, cependant, avoir une bonne carte ne suffit pas non plus à remporter la mise. 


Crédit image entête, NHL.com

Tom L.D. MacAingeal