Quelle est la suite des choses pour le Canadien et son groupe de direction?

Le Canadien vient de franchir la mi-saison et les performances de l’équipe jusqu’à présent sont très inquiétantes pour la suite des choses. À moins d’un revirement de situation spectaculaire, le Canadien sera de nouveau exclu des séries éliminatoires pour une troisième année consécutive et une quatrième fois en cinq ans. Suite à une saison surprenante où le Canadiens a presque réussi l’impossible, c’est-à-dire faire les séries, l’espoir de voir ce groupe de joueurs continuer à progresser en équipe, ce que Marc Bergevin a appelé la croissance interne, constituait l’élément central du plan du Canadien pour cette saison.

On misait donc énormément sur le développement de jeunes joueurs comme Jesperi Kotkaniemi et de Victor Mete ainsi que l’émergence de recrues, tels que Nick Suzuki et Ryan Poehling, pour permettre à l’équipe d’atteindre les séries. Outre Nick Suzuki, qui constitue à mon avis la plus belle surprise de l’équipe, ce fût moins concluant pour le reste des jeunes. La plus grande déception du groupe est certainement Jesperi Kotkaniemi, qui connaît une saison très décevante.



On parle beaucoup de la guigne de la deuxième année pour expliquer cette situation, mais dès le camp d’entraînement, certains ont remis en doute ses méthodes d’entraînement estivales. Je crois que la direction de l’équipe souhaitera qu’il demeure à Montréal l’été prochain afin de mieux encadrer son programme d’entraînement.  Dans mon analyse initiale, j’ai mentionné que si le Canadien souhaitait participer aux séries, Kotkaniemi devrait offrir une très bonne saison aux Canadiens. Même si ce dernier a connu de bons moments récemment, j’aurai aimé le voir performer avec des joueurs de son âge au championnat junior mondial comme l’a fait Barrett Hayton.

Les deux prochaines semaines seront déterminantes pour le reste de la saison. Si le Canadien s’enlise davantage  ou est incapable de grimper au classement, j’ai bien l’impression que Bergevin devra songer sérieusement à liquider certains de ses actifs. Est-ce que Bergevin pourrait être tenté d’échanger son meilleur marqueur en Tatar? Le deuxième nom qui me vient en tête est celui de Jeff Petry. Est-ce que le fait que le prochain repêchage ait lieu à Montréal pourrait inciter Bergevin à tenter de mettre la main sur des choix de première ronde additionnels?

La dernière fois que le Canadien a été vendeur à la date limite des transactions, on se rappellera que Bergevin a frappé un grand coup avec l’acquisition de Danault et d’un choix de deuxième ronde qui est devenu Alex Romanov.  Le directeur général du Canadien est souvent critiqué pour les insuccès du Canadiens depuis quelques saisons, mais on doit reconnaître qu’il a fait de l’excellent travail au niveau des transactions effectuées.

Si jamais Bergevin est en mesure de faire de bonnes transactions d’ici la fin de la saison, ça pourrait peut-être mieux faire digérer cette autre mauvaise saison aux partisans.  Je comprends que les blessures ont été un facteur important  dans les insuccès de l’équipe, ce qui a, selon moi, mis en relief manque flagrant de profondeur dans l’organisation.

Contrairement à l’année dernière, où le Canadien a été relativement épargné par les blessures, des joueurs clés comme Drouin et Armia sont tombés au combat pour une longue durée et aucun joueur en provenance de Laval n’a été en mesure de venir combler ces absences. Pendant plusieurs années, Sylvain Lefebvre a été pointé du doigt pour la carence au niveau du développement des espoirs de l’organisation. Malheureusement, même si j’étais heureux de l’arrivée de Bouchard à la tête des Rockets, on se rend compte qu’il ne fait pas de miracles avec des joueurs comme McCarron, qui vient tout juste d’être échangé aux Preds.

Ce triste constat oblige Bergevin à constamment colmater des brèches dans son organisation avec des signatures et des échanges comme celles de Kovalchuk et de Scandella. Ce genre de signatures/échanges est, toujours selon moi, clairement attribuable aux nombreux repêchages infructueux chez le Canadiens. Les repêchages de 2008 à 2015, où peu de joueurs ont réussi à avoir un impact important au sein de l’équipe, se sont avérés les plus catastrophiques. À première vue, il serait facile de critiquer le travail de Trevor Timmins et de son équipe de recruteurs pour ces piètres résultats, mais en analysant en profondeur les choix de Timmins, on constate que le rang de sélection du Canadiens n’a pas été souvent avantageux.



Si l’équipe avait repêché dans le Top-10 à de nombreuses occasions et que Timmins s’était trompé à chaque occasion, il aurait déjà perdu son emploi. Il faut également mentionner qu’il a peut-être été forcé de sélectionner selon les besoins de l’équipe et pas toujours selon le meilleur espoir disponible. Mathias Brunet a déjà mentionné que l’organisation lui avait fortement recommandé de sélectionner Louis Leblanc lors du repêchage de 2009 qui se déroulait à Montréal. J’ai l’impression que les sélections de Tinordi et de McCarron furent également des choix de la haute gestion afin de grossir l’équipe. La bonne nouvelle est que Bergevin croit fortement dans les vertus du repêchage et s’obstine à ne pas gaspiller ses hauts choix pour des joueurs de location comme ce fût le cas dans le passé avec les gestions précédentes.

Donc, à la lumière des récents résultats de l’équipe, tout indique que le Canadien ratera de nouveau les séries éliminatoires cette année. Quelle est la suite des choses pour le groupe de direction? Il serait facile de croire qu’un grand ménage s’impose en commençant par le  poste de Marc Bergevin et celui de Claude Julien. Personnellement, je n’y crois pas du tout pour la simple et bonne raison que Bergevin et Geoff Molson semblent être sur la même longueur d’onde en ce qui a trait à l’avenir de l’équipe.

Je pense que si Bergevin croyait son poste en danger, il n’aurait pas hésité à sacrifier des espoirs et des choix de repêchage pour mettre la main sur du renfort de qualité, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent. Si l’objectif de l’organisation était de faire les séries, il est clair que ça n’allait pas se faire au détriment du futur de l’organisation.   On était bien conscient des limites de cette équipe et que l’objectif de faire les séries serait de nouveau compliqué.

Pour ce qui est du poste de Claude Julien, il faut avouer que même si l’équipe éprouve de la difficulté à remporter des rencontres, l’effort des joueurs est toujours au rendez-vous et rarement on a vu l’équipe se faire déclasser par l’équipe adverse. Claude Julien bénéficie de beaucoup de crédibilité dans la ligue et je suis convaincu qu’il sera de nouveau l’entraîneur-chef du Canadien lors du premier match de la prochaine saison. D’ici la fin de la saison, je crois que certains vétérans seront sacrifiés, mais je ne crois pas que Price et Weber seront du nombre. Toutefois, si le virage jeunesse s’accentue au cours de l’été, je ne serai pas étonné de voir ces deux vétérans exiger une transaction afin de poursuivre leur carrière avec une organisation qui peut aspirer à remporter un championnat.



Encore une fois, il ne faut pas espérer voir Bergevin faire de grosses signatures au courant de l’été. Je crois qu’il devra faire preuve de plus de créativité que d’offrir une offre hostile afin d’améliorer son équipe. S’il revient sur la croissance interne de l’équipe, je crois que ce message risque d’être très mal perçu, donc la logique nous dit qu’il va demander aux partisans de faire preuve de patience suite à son « reset on the fly ».

Les partisans devront se rabattre sur l’espoir de voir l’organisation mettre la main sur un jeune de premier plan lors du prochain repêchage qui aura lieu à Montréal. La bonne nouvelle est que le repêchage de cette année regorge d’espoirs de très haute qualité en commençant par Lafrenière et Byfield. Dans sa liste, Craig Button de TSN a mis le gardien russe Yaroslav Askarov au 5e rang, et je pense qu’on peut immédiatement commencer à se questionner si ce dernier est disponible au rang des Canadiens, deviendra-t-il le choix de ces derniers? On le compare avantageusement à un autre gardien russe, Andrei Vasilevskiy, et connaissant l’attachement que porte Bergevin envers la position de gardien de but, il ne faudrait pas se surprendre si Timmins devait prononcer le nom d’Askarov au centre Bell.

De mon côté, je ne toucherais pas à un gardien avec un choix dans le Top-10, particulièrement dans un repêchage qui comporte autant de talent. On va se croiser les doigts pour que le Canadien puisse gagner la loterie et, enfin, mettre la main sur un joueur de type « Premium », ce qui manque cruellement à cette équipe.


En Prolongation 

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Crédit image entête, John Mahoney/Montreal Gazette

Patrick Lepelletier
 

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