Tomas Plekanec, l’ère d’après

D’abord, le 25 février dernier, lorsque Marc Bergevin a transigé Tomas Plekanec, accompagné de Kyle Baun, aux Maples Leafs, en retour de Kerby Rychel, Rinat Valiev et d’un choix de 2e ronde (2018), je me suis prononcé en faveur d’un potentiel retour du vétéran tchèque à Montréal l’automne prochain (en plus d’apprécier le retour obtenu pour celui-ci, hehe…). Je me disais que – à un salaire décent d’environ 2 ou 3M pour une saison ou deux -, le vieux routier pourrait être encore utile au Tricolore, en s’acquittant des tâches défensives, tout en inscrivant 20 à 25 points. On aurait également pu profiter encore un peu de son efficacité au cercle des mises en jeu…

À ce moment-là, Jacob de la Rose ne m’impressionnait pas beaucoup, et les ennuis du Bleu-blanc-rouge avec sa ligne de centre était (et sont encore) bien documentés. Mais, voilà, une 15aine de matchs plus tard, mon opinion commence à changer.

Un peu comme – à très petite échelle ! – ce fut le cas pour McKinnon après le départ de Duchene, DLR commence à prendre son envol, depuis celui de Pleky. Également aidé par les blessures de Danault et Shaw, le gros centre suédois est en train de profiter de ses récentes responsabilités accrues pour engranger des points. En effet, en 16 joutes depuis cette fameuse transaction envoyant le fameux numéro 14 sous d’autres cieux, Jacob De la Rose a récolté 8 points, dont 3 filets, tout en maintenant un différentiel de +3. Évidemment, ça peut aider le différentiel, lorsqu’on est en mesure de produire à l’attaque… Rien pour écrire à sa mère, me direz-vous ? Certes, mais il s’agit néanmoins de tout un upgrade par rapport aux temps précédents l’échange…

Oui, 8 points en 16 matchs, dont 3 points à ses 5 dernières sorties, ce n’est pas la mer à boire, mais avant ça, DLR n’avait que 4 points en 34 parties ! Pis encore, le droitier de 22 ans a inscrit ces 4 points en question en 2 parties seulement, dont une partie de 3 points, alors qu’on lui donnait le contrôle de la 1ere ligne, durant l’absence de Drouin, blessé. Avant la présente saison, le pivot n’avait récolté que 7 points en 64 matchs. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est en train de dévoiler un potentiel offensif jusqu’alors très bien caché. Peut-être que Julien savait de quoi il parlait en soulignant ce potentiel, alors que tout le monde s’insurgeait de le voir installé sur le 1er trio… Est-ce que DLR est un centre de 1er trio ? Non, probablement pas un centre de 2e ligne, non plus… mais je crois maintenant qu’il peut faire le travail de Plekanec sur une 3e ligne.

Certes, une tranche de 16 parties constitue un échantillon assez mince sur une saison de 82 matchs (c’est à peu près 20% de la saison), et encore plus sur toute une carrière, mais je suis forcé d’admettre que DLR m’impressionne dernièrement. Il faut faire attention, ici… je ne dis pas que De la Rose va produire 41 points ou plus la saison prochaine. Je suis conscient qu’il a encore beaucoup à prouver. Mais je pense qu’il est temps de lui accorder la latitude et les outils pour y parvenir… et ce sera plus facile pour celui-ci, s’il n’a pas à évoluer derrière Plekanec.

Il faut également mentionner que l’émule de Pleky est en train de faire fonctionner ses ailiers, les fameux outils mentionnés ci-haut… D’un coté, Galchenyuk a récolté 12 points, depuis le 26 février, et se dirige vers une campagne de 20 buts et 50 points – ce n’est pas rien, surtout quand on regarde le début de saison qu’il a eu, et l’année de misère en cours -, tandis que de l’autre Lehkonen a enfin compris qu’il n’était pas obligé de conserver tous ses buts pour les Sens… le Finlandais a inscrit 5 buts, et 7 points, pour sa part… également en 16 parties. Précédemment, il en avait 11 en 45 parties, majoritairement disputés sur le flanc gauche de Tomas TurtleneckGrosso modo, Lehkonen a doublé sa production, depuis. Cependant, ils n’ont pas passé toutes ces joutes avec DLR, avant que Danault se blesse. Jouant parfois avec ce dernier, parfois avec Drouin, mais quand même… On peut dire que De la Rose est en train de saisir sa chance.

Pendant ce temps, à Toronto, après 12 parties, Plekanec n’est toujours pas parvenu à s’inscrire au pointage, et montre un différentiel de -4. Évidemment, ça va mal obtenir des +, lorsqu’on ne génère pas d’attaque… le Tchèque dispose également de moins de temps de glace, derrière les jeunes loups talentueux des Leafs. 

Cela dit, je veux quand même prendre le temps de souligner une dernière chose concernant Plekanec ; non, je ne fais pas partie de ceux qui reprochent à Bergevin d’avoir octroyé un contrat de 6M/saison pour 2 ans à son joueur de centre… au moment de le mettre sous contrat, en 2015-16, Plekanec sortait d’une campagne de 60 points, et se dirigeait allègrement vers le même genre de récolte (il a finalement terminé cette année-là avec 54 points). Personne ne pouvait prévoir qu’il allait, du jour au lendemain, voir sa production chuter de moitié… Qui plus est, Danault et Drouin n’étaient pas encore arrivés à Montréal, pour pivoter les 2 premières lignes.

Sur une note plus positive, je vais me rappeler de Plekanec comme le dernier centre à avoir atteint la barre de 70 points à Montréal. C’était en 2009-10. 2 ans auparavant, il en avait inscrit 69, dont 29 buts. Je ne sais pas si DLR, ou même Drouin en jouant au centre, sera en mesure d’être le prochain pivot à atteindre cette marque avec le CH. J’ai de la difficulté à y croire… mais je dois dire qu’en 2001, lorsque le DG de l’époque, André Savard, a arrêté son choix sur Plekanec en 3e ronde, il n’y avait pas grand monde pour croire que ce dernier allait y parvenir. Merci pour tout, Pleky, mais maintenant je passe à autre chose.

 


Crédit image entête, La Presse canadienne/Paul Chiasson

Tom L.D. MacAingeal
 

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