1

Pourquoi je crois que Karl Alzner peut aider l’équipe à gagner

Suite aux difficultés du Canadien, tout du long de la dernière saison, ainsi qu’à la victoire historique des Capitals en Finale de la Coupe Stanley, on a fait nos choux gras d’une célèbre citation de Karl Alzner : « I want to win… »

Frustré par les éliminations hâtives des Caps, Alzner a fait cette déclaration qui allait rapidement revenir le hanter, alors qu’il venait de se joindre à l’organisation montréalaise en acceptant un pacte de 5 ans qui allait lui rapporter en moyenne 4.625M par saison. Pourtant, à l’heure actuelle, malgré tous ces splendides memesvenant ridiculiser ses propos, je crois toujours que Karl Alzner a ce qu’il faut pour aider l’équipe à gagner. Ceci dit, certains memes sont quand même très drôles. 

D’entrée de jeu, je trouve injuste qu’on se soit acharné – et qu’on continu de s’acharner – sur lui, alors que c’est pratiquement l’équipe au complet qui en a arraché. Alzner, malgré une saison effectivement difficile, s’est amené à Montréal pour accomplir un travail bien précis. À savoir, s’acquitter des missions défensives. À Washington, Alzner était un peu le Marc Methot (de son temps avec Erik Karlsson à Ottawa) de John Carlson. À Montréal, on le voyait tenir le même genre de rôle, à la gauche de Petry. Malheureusement, la chimie n’a jamais vraiment levée entre ces deux derniers. Si le premier a fini par prendre ses aises dans la zone offensive, après la lourde perte de Shea Weber, il n’a guère amélioré son jeu défensif. Et puis malgré une belle récolte de 42 points, dont 12 buts (!), on ne se cachera pas que Petry n’est pas et ne sera jamais Carlson. En ce qui concerne Alzner, il a servi de victime toute désignée, à peu près à chaque partie, à cause de son jeu défensif par moment assez décousu, amplifié par son absence d’instinct offensif, et de ce qu’on qualifie comme un étant salaire exorbitant. À un tel point, qu’on a vu plusieurs médias faire les gros titres du fait qu’on n’allait pas racheter le contrat du défenseur. Je ne vois pas pourquoi on l’aurait racheté… 

Pourtant, durant la 2e moitié de saison – c’est-à-dire les 41 derniers matchs du calendrier régulier – Alzner a trouvé le moyen d’accumuler 7 points et de maintenir un différentiel de +3. Si on décidait de transposer ces résultats sur une saison complète, ça donnerait un total 14 points et +6… Mais ça ne fonctionne malheureusement pas ainsi et l’arrière a plutôt terminé la campagne avec une récolte de 12 points et un différentiel de -7. Ce -7 le place tout de même loin devant le -30 de Jeff Petry, son compagnon durant une bonne partie de la saison, tandis que ses 12 points sont somme toute, acceptables, dans les circonstances. En tout cas, c’est loin d’être désastreux, pour un arrière défensif qui a connu une mauvaise saison, vous en conviendrez. Et il ne faudrait surtout pas oublier que Carey Price n’était pas l’ombre de lui-même. Si le portier du Tricolore avait fait un arrêt de plus, par-ci par-là, Alzner aurait peut-être pu mieux paraître au final. Bien sûr, l’inverse est en partie également vrai. Sauf que dans son cas, Niemi est parvenu à faire le travail, avec la même équipe devant lui… le problème remontait donc plus loin que le seul jeu défensif. Bien sûr, au-delà des stats, le nouveau-venu en a souvent arraché, c’est vrai… mais pas autant que ce que certains ont pu rapporter. C’est tout de même très drôle de constater qu’il a terminé la saison avec des meilleurs chiffres que Travis Hamonic…

Incohérence à Calgary

 

Bref, malgré une saison de misère, Alzner est tout à fait capable de passer 17-18 minutes sur la glace, dans la bonne chaise – 22 minutes, c’est le surtaxer… (Il a passé, en moyenne, 20:05min par match sur la glace, en 2017-18) … C’est-à-dire en tant que 4e défenseur et avec le bon partenaire. Le bon partenaire serait assurément John Carlson, qui envisage actuellement la possibilité de tester son autonomie, mais ça n’arrivera probablement pas. Alors, dans une mesure plus réaliste, je présume qu’on tentera peut-être à nouveau de le jumeler avec Petry, au début de la prochaine saison, avant de le replacer avec le jeune Noah Juulsen. À moins qu’on ne profite de la jolie récolte de Petry pour monnayer ce dernier… Je prendrais bien une poutine Carlson. Ou Karlsson… je ne suis pas difficile, après tout ! 

Enfin, malgré quelques ratés, probablement causés par son inexpérience, Juulsen complémentait très bien le vétéran, et je serais parfaitement à l’aise de les voir à nouveau réunis. Ok; Alzner ne sera jamais la référence des adeptes du Corsi et du Fenwick – Quoiqu’il a tout de même trouver le moyen de conserver un Corsi de 49.8% en pleine débandade collective, ce qui représente à peu près sa moyenne en carrière (48.9%), après vérification… -, il ne pourra pas non plus envisager le patinage de vitesse comme après-carrière, mais il demeure un défenseur solide, qui bloque sa large part de lancers, en plus d’être tout à fait capable de délivrer un nombre respectable de coups d’épaule. Ok, il ne frappe pas aussi fort qu’un certain Emelin, mais j’aimerais vous rappelez ce que vous pensiez alors de ce même Emelin, de son temps à Montréal… Toujours défensivement, ses 90 revirements de la dernière campagne étaient loin de ses standards habituels… En général, le gros arrière en concède autour de 40 par saison; soit environ 1 au 2 matchs.

Bien entendu, la première étape de son aventure à Montréal ne s’est pas exactement déroulée tel qu’il l’escomptait :

Mais moi, pendant qu’on tire à gros boulet rouge sur cet athlète, ce que je vois, c’est un joueur autonome qui est venu à Montréal avec l’intention de gagner. On s’est assez plaint sur tous ces joueurs qui ont levé le nez sur les offres du Canadien, que je crois qu’il serait peut-être temps de commencer à apprécier ceux qui viennent ici le sourire aux lèvres. Évidemment, Alzner DOIT rebondir, sans quoi mon avis pourrait très bien finir par changer. Même offensivement parlant, rien ne marchait pour Alzner… bien qu’il ne sera jamais un quart arrière, il a converti seulement 1.2% de ses tirs, alors qu’il maintient habituellement un taux de succès tournant autour de 3.5%… Mais la vérité c’est que c’est également le cas de bien des joueurs, à commencer par Pacioretty et Price. En ce qui concerne Gallagher, il ne doit PAS changer !

Pour terminer, je vais revenir sur le salaire (son cap hit) de l’ennemi public numéro 1 … on fait grand cas de son 4.625M, mais il ne faudrait surtout pas oublier de tenir compte de l’évolution du plafond salarial. Pour la saison à venir, il est possible que le plafond monte jusqu’à 82M. Il y a 5 ans, il était à 64.3M. Il y a 10 ans, c’était 56.7M…

Donc, quand on juge un salaire, on doit tenir compte du pourcentage de celui sur la masse, pour établir s’il s’agit ou non d’un trop gros montant. 4.625M, aujourd’hui, avec un plafond qui était de 75M durant la dernière saison, représente 6.17% du plafond… soit à peu près 3.9M il y à 5 ans (Exactement le salaire qu’empochait Josh Gorges, depuis 2012). La saison prochaine, à disons 80M, le cap hit de Karl Alzner devrait représenter environ 5.78% du plafond de l’équipe; soit à peu près 3.7M, converti sur le plafond en place il y a 5 ans. Ainsi, plus celui-ci montera, au fil des ans, plus l’empreinte de son salaire moyen diminuera sur la masse de l’équipe. Il s’agit de la réalité qui vient avec l’implantation d’une masse salariale… Et, dans l’ensemble, je trouve son salaire assez raisonnable. Pour autant qu’il se ressaisisse et offre le genre de hockey dont il est capable … et qu’il trouve le moyen de convaincre son ami Carlson de venir le rejoindre !!!


Crédit image entête, Bob Frid/USA TODAY Sports via Habseyesontheprize.com

Tom L.D. MacAingeal
 

Click Here to Leave a Comment Below 1 comments
Stephan - juin 16, 2018

C’est vrai que ce n’est pas !e seul bouc émissaire de l équipe.

Reply

Leave a Reply: