LNAH | Ben Rubin: un joueur (trop?) sous-estimé

Il n’y a pas si longtemps, lorsque j’ai lancé le Herald, j’ai également commencé à m’intéresser à la LNAH. Plus précisément, à l’équipe qui était située le plus près de chez moi… à savoir, les défunts Draveurs de Trois-Rivières.


Qu’à cela ne tienne, j’ai continué de suivre avec intérêt leurs activités lorsqu’ils ont déménagé de l’autre côté de la frontière, à Berlin, aux États-Unis. De plus, j’avais des raisons personnelles d’apprécier leur nouveau nom : les BlackJacks de Berlin.

Cela dit, quelques semaines plus tard, lorsqu’ils ont de nouveau dû déménager, cette fois-ci à St-Jérôme, j’ai tout de même apprécié de les ravoir, ici, plus près de chez nous.

Maintenant qu’ils sont devenus les Pétroliers du Nord (ce qui se prononce nettement mieux que le Pétrole et Propane Bélanger de St-Jérôme, avouons-le !), peut-être parce qu’ils sont dirigés par des personnes un peu plus investies par les intérêts de l’équipe, ils forment un club de plus en plus intrigant à suivre.

Je pourrais vous parler de leurs plus récentes acquisitions, les as marqueurs Marc-Olivier d’Amour et Nicolas Corbeil, mais, aujourd’hui, j’ai choisi de me pencher sur un joueur qui ne semble définitivement pas recevoir l’attention qu’il mérite.

Je pense à l’ailier montréalais de 29 ans au parcours atypique, Benjamin Rubin. Jamais repêché dans la LNH, l’attaquant de 6’2 ne manque pas de talent. D’abord reconnu pour ses qualités de joueur d’énergie, il est tout de même doté de plusieurs attributs offensifs qui, s’ils étaient adéquatement exploités, pourraient sans doute lui permettre de compétitionner parmi les meneurs de la ligue à ce chapitre.

Du moins, je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il pourrait tout à fait prétendre offrir l’une des meilleures contributions offensives de son équipe. Il y a quelques jours, Rubin était d’ailleurs le 2e meilleur pointeur des Pétroliers, en vertu d’une récolte de 13 points en 15 matchs.


 



Pourtant, si je choisis de parler de lui, c’est parce que j’ai remarqué qu’on ne lui offrait peut-être pas assez souvent un rôle propice à étaler toute l’étendue de ses attributs. Au dernier match des siens, par exemple, Rubin a vu très peu de glace, et ce, malgré le fait qu’il ait inscrit un superbe but lors du duel précédent. Suite à ce but, le fougueux attaquant a passé plusieurs minutes cloué sur le banc… Le numéro 91 a d’ailleurs largement prouvé qu’il était capable de faire le boulot :

Lorsque je l’ai rejoint, afin d’obtenir son opinion sur ce sujet, Benjamin Rubin s’est révélé être un vrai gentleman. Fier de sa saison, et tout à fait conscient de son talent, l’attaquant n’a jamais tenté de profiter de la tribune qui lui était offerte pour lancer quelques flèches… Au contraire, bien qu’évidemment déçu de ne pas être beaucoup utilisé, il a fait preuve de compréhension :

Je sais qu’il s’agit d’une nouvelle équipe qui a la chance de miser sur plusieurs très bons joueurs. Alors, je suis conscient que nous sommes actuellement en phase de rodage. Nous sommes tout simplement en train d’essayer de faire tomber tous les morceaux à la bonne place.

Quand je lui ai demandé quelle était sa place, quand j’ai voulu savoir ce qu’il désirait pour la suite, Rubin a poursuivi dans la même veine :

Tout ce que je veux, c’est ma place. Être une partie intégrante de cette équipe et contribuer aux succès de cette dernière… Et je sais que j’en suis plus que capable. C’est ce que je veux.

En clair, Rubin ne demande rien à personne. Il désire simplement obtenir ce qui lui revient. Ce pour quoi il se bat si fort. Il sait faire face à l’adversité… il l’a fait tout du long de sa carrière. Il est un joueur d’équipe et il en est fier. Tout comme il est fier de sa religion…

Juif orthodoxe, l’homme a fait un énorme sacrifice pour pouvoir continuer d’évoluer dans la LHJMQ à 18 ans : Il a accepté de renoncer au Sabbat, une prescription juive qui lui interdisait jusqu’alors de jouer les matchs qui étaient disputés entre le moment où le Soleil se couchait le vendredi et celui où il y retournait le samedi.





Bref, on peut dire que Benjamin Rubin est un homme dévoué dans toutes les facettes de sa vie. Tel que mentionné plus haut, bien qu’indéniablement talentueux, il est surtout reconnu pour son intensité… Comme on dit; il est ce genre de joueur qu’on adore détester !

Cependant, il semblerait qu’on se répugne à lui offrir le temps de jeu qu’il mérite. Il ne demande rien à personne, il ne veut rien voler à personne. Mais je me questionne… qu’attend-on pour faire jouer ce prototype de joueur qui représente exactement tout ce que désire la nouvelle LNAH ? Parce qu’en plus de ses habiletés, Rubin est tout à fait capable de se servir de ses poings :

David Lacroix, son opposant dans ce combat, est l’un des meilleurs pugilistes de la ligue, quand même… 

Celui qui a évolué un peu partout, des États-Unis au Québec, en passant par la France (dont il dispose également de la nationalité), considère qu’il avait un talent très proche de celui d’un certain Angelo Esposito, lorsque plus jeune… Pourtant, Rubin m’a affirmé n’avoir aucun regret, conscient que ses pratiques religieuses ont probablement affecté son développement. Non, il n’a pas de regret. Parce qu’il croit qu’il a fait la bonne chose et qu’il croit aussi que tout arrive pour une raison.

Bon vivant, il a tenu à conclure notre échange en affirmant qu’il était très heureux où il était, à St-Jérôme, précisant du même coup qu’il aimait la ligue et respectait tous ses joueurs.

Cela dit, il croit tout de même qu’il a mérité le droit de jouer sur une base régulière. Et je suis du même avis… il a tout fait pour le mériter.


En Prolongation
On peut dire que les Pétroliers ne chaument pas sur le marché des transactions ! :



Crédit image entête, Hugo Cotnoir

Tom L.D. MacAingeal
 

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