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Les Canadiens et le facteur québécois

Comme à chaque année, après le repêchage et l’ouverture du marché des joueurs autonomes, la même rengaine revient ; Pourquoi on prend pas des Québécois ? La réponse est relativement simple : Parce qu’il n’y en a pas (ou peu s’en faut).


La vérité c’est que les Pierre-Luc Dubois se font rares. Le hockey au Québec est malade. Quand un Québécois de ce niveau se pointe le bout du nez, il n’est malheureusement plus disponible aux rangs 15 à 31… Cette année, au 15e échelon, il y avait Samuel Poulin (21e) et Jakob Pelletier (26e), deux très bons joueurs de hockey. Par contre, avec un jeune de la trempe de Cole Caufield encore disponible, j’aurais été particulièrement déçu de voir le Canadien favoriser un Québécois, uniquement pour plaire aux fans. On a déjà vu ce que ça donnait, par le passé… Leblanc.

Quant aux rondes subséquentes, qu’on le veuille ou non, le Tricolore a comme mandat de sélectionner le joueur qui répond le mieux à leurs critères, par rapport au rang dont ils disposent. Oui, mais en fin de repêchage, ils pourrait faire le pari québécois. C’est vrai, et ils le font. Cette année encore, Timmins et son équipe de recruteurs ont pris un de leurs deux choix de 7e ronde pour sélectionner Rafael Harvey-Pinard. Au cours des autres années, il y a régulièrement eu d’autres tentatives. Je pense à Charles Hudon (122e, 2012), Zachary Fucale (36e, 2013), Jeremy Gregoire (176e, 2013), Daniel Audette (145e, 2014), Simon Bourque (177e, 2015) et Samuel Houde (133e, 2018).

Maintenant, pour ce qui est des joueurs autonomes, je dois avouer que je ne vois absolument pas l’intérêt de signer un joueur comme Derick Brassard. C’est encore plus vrai quand on apprend qu’il demanderait un contrat de 4 ans à hauteur de 4M par saison ! Qu’on se comprenne, Brassard n’a plus rien du joueur qui pouvait faire autour de 60 points; une chose qu’il est parvenu à faire 2 fois seulement, avec les Rangers en 2014-15 et 2015-16. Ses 27 buts obtenus à sa dernière saison avec les Blueshirts représentent d’ailleurs une anomalie. Autrement, il est parvenu à atteindre le plateau des 20 buts (21 en 2017-18) une seule fois. D’accord, dans les bonnes conditions, il pourrait encore faire 30, peut-être près de 40 points. Mais on n’en a pas besoin.



Avec Domi, Danault et Kotkaniemi, sans compter Poehling, le Canadien est déjà bien nanti au centre. Pour ce qui est de la 4e ligne, Thompson, Weal et Cousins sont de meilleurs candidats. En ce qui concerne les ailes, je ne vois pas trop quel rôle on pourrait confier à Brassard. Entre vous et moi, ce n’est pas pour rien s’il a fait 3 clubs la saison dernière… Dont le dernier, l’Avalanche, un club qui recherchait désespérément de la profondeur à l’attaque, a choisi de ne pas retenir ses services à la fin de la saison… Pour ce qui est de Jason Pominville, 36 ans, c’est un peu le même principe. Bien qu’il puisse indéniablement rendre encore de bons services sur une 3e ligne, Joel Armia est déjà là pour faire le travail. Bien sûr, on vient de perdre Andrew Shaw, mais gardons en tête que l’été n’est pas terminé. Marc Bergevin est incontestablement en train de travailler fort pour améliorer son club…

Quand un Québécois du calibre de Jonathan Huberdeau ou Anthony Mantha sera disponible – au bon prix -, je serai heureux de le voir travailler pour ajouter un peu de sang local à sa formation. Il n’a d’ailleurs pas peur de le faire, lui qui a ajouté deux des meilleurs Québécois de la Ligue nationale au cours des 4 dernières années en Jonathan Drouin et Phillip Danault. Ces deux derniers, avec Nicolas Deslauriers, Charles Hudon et Michael Chaput ont d’ailleurs permis au Tricolore de clôturer la saison 2018-19 au premier rang de la ligue à ce chapitre :

Depuis son arrivée à Montréal, les différentes éditions formées par Marc Bergevin ont d’ailleurs régulièrement compté 5 québécois dans leurs rangs. 5, c’est 21.7% d’un alignement de 23 joueurs. Bien sûr, ils n’ont pas toujours enfilé l’uniforme en même temps, mais quand même ! C’était le cas en 2013-14, 2014-15, 2015-16, 2016-17 et 2018-19…. En clair; toutes, sauf en 2012-13. Marc Bergevin a toujours fait son possible pour en aligner quelques-uns. Je pense, entre autres, aux signatures de Daniel Brière et Mark Berberio, et aux acquisitions de Torrey Mitchell et Pierre-Alexandre Parenteau. Sans compter qu’il a travaillé très fort pour essayer d’amener Vincent Lecavalier à Montréal… On l’a échappé belle !

Comme quoi, il faudrait peut-être arrêter de chercher des bibittes où il n’y en a pas.

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Crédit image entête, NHL.com



Tom L.D. MacAingeal
 

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Martin - juillet 16, 2019

J’adore votre simplicité mais surtout vos analyses basées sur des faits et non juste des critiquer le travail de Bergevin ou de brailler à la Bergeron, vieux sénile sois dit en passant,

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