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Habstérix | Savard doit revenir à la réalité

Ah, ce fameux débat ne connaîtra jamais de fin: Combien de Québécois devrait aligner les Canadiens de Montréal? La réponse politiquement correcte serait d’avoir une équipe entièrement constituée d’un produit local. Pourtant, la réalité est loin d’être aussi simple. La combinaison du fait que la LNH possède désormais plus d’équipes, contribuant à faire en sorte que les Canadiens ne repêchent plus aussi souvent, et le fait que Hockey Québec ne produit tout simplement plus autant de talents de qualité sont deux facteurs clés qui contribuent à cette triste réalité. 



Comme nous le savons, Geoff Molson a consulté Serge Savard en 2012 pour trouver le prochain Directeur Général et leur choix s’est arrêté sur Marc Bergevin. Récemment, l’ancien défenseur étoile du Tricolore était de passage à Tout Le Monde En Parle avec Guy A. Lepage et ils ont abordé un sujet vraiment délicat: le nombre de joueurs locaux actuellement avec l’équipe. Savard a dit:

Je viens de ce monde-là. J’ai toujours joué avec le Canadien, où il y avait la majorité des francophones sur l’équipe ou à peu près là. Au pire aller, c’était moitié-moitié. Moi, j’avais 4-5 dépisteurs à temps plein au Québec. Puis je sais pas s’ils en ont un actuellement. Nous avons laisser aller plusieurs talents, des gars comme Giroux, tous des gars qu’on aurait pu avoir.

Plus loin, l’ancien DG des Habs a dévoilé que lorsqu’il a rencontré Bergevin pour son entrevue initiale, il lui a donné un conseil:

Le peuple québécois, là, il va te laisser gagner en anglais, mais il te laissera pas perdre. Si t’as juste des anglophones sur l’équipe puis tu gagnes, ça va passer. Mais les bobos vont tous sortir si t’en as pas. Je pense qu’il m’a entendu, mais il m’a pas écouté.

Wow! Juste wow! Sauf tout le respect que je lui dois (autant comme joueur que comme DG), non seulement a-t-il outrepassé ses limites, mais il a fourni aux Québécois de fausses informations, teintées de demi-vérités.

1- Pour commencer, Claude Giroux, en dépit de son nom, vient de Hurst, en Ontario, et non du Quebec.

2- De retour à l’époque où Savard jouait, il y avait des tonnes de Québécois dans la LNH, et c’est dans une ligue composée quelque part entre 12 et 21 équipes qu’il a fait sa carrière. Aujourd’hui, pour débuter la saison, il y a 40 joueurs nés au Québec dans la LNH, répartis à travers 31 équipe…  mais nous y reviendrons plus tard.

3- Selon le site web de l’équipe, Marc Bergevin et les Canadiens ont Donald Audette et Serge Boisvert comme dépisteurs au Quebec. Ils ont deux dépisteurs pour couvrir la totalité des États-Unis  (Trevor Hanson et Bobby Kinsella), trois pour l’Europe (Michal KrupaHannu Laine et Christer Rockstrom), un pour la Suède (Tommy Lehman), un autre pour la Russie (Artem Telepin) et un dépisteur pour les gardiens (Vincent Riendeau). Donc, pour un territoire comme le Quebec, deux dépisteurs, c’est beaucoup comparativement à toutes les autres régions.

Donc, encore une fois avec tout mon respect, M. Savard, avant d’aller émettre de telles critiques dans une grosse émission de télé, faites au moins vos devoirs. Par exemple, Alexandre Pratt, journaliste à La Presse, a fait du bon boulot en effectuant ses recherches pour découvrir le nombre de joueurs nés au Québec qui entameraient la saison 2019-20 dans la LNH.

C’est bien vrai. C’est seulement 40 joueurs, répartis sur 31 équipes, dans la LNH! Combien y en avait-il “à votre époque”, Mr. Savard? Non, attendez, je ne vous le demanderai pas parce que vous ne prendrez certainement pas le temps de faire vos recherches auparavant, et nous ne voulons pas que vous vous retrouviez sur la sellette… encore.



Selon Hockeydb.com, à l’apogée de la carrière de Savard en 1973-74, la LNH comptait dans ses rangs 84 joueurs nés au Québec, répartis au sein de 16 équipes, pour une moyenne de 5.25 québécois par équipe. Aujourd’hui, il y en a 40 répartis sur 31 équipes ; donc, 1.29 par équipe. En d’autres mots, il y avait plus du double de joueurs nés au Québec dans la LNH en 1973-74, avec la moitié moins d’équipes. Alors, faites le calcul…

Aussi, dans son organigramme, les Habs ont actuellement:

  • Martin Lapointe (Director of Player Personnel)
  • Larry Carrière (Senior advisor, Hockey Operations & Director of Player Personnel, Laval Rocket)
  • Claude Julien (Head Coach)
  • Stéphane Waite (Goaltender Coach)
  • Dominique Ducharme (Assistant Coach)
  • Mario Leblanc (Video Coach)
  • Francis Bouillon (Coach, Player Development)
  • et la plupart du personnel d’entraîneurs.
  • Joël Bouchard (Head Coach), Alex Burrows et Daniel Jacob (Assistant Coaches) pour le Rocket

Par le passé, nous avons déjà abordé le sujet du Tricolore et du syndrome Québécois et personne n’aimerait plus que moi-même voir plus de Québécois avec l’équipe, mais la plus grosse partie du blâme ne revient pas aux Canadiens de Montréal. La faute revient plutôt à Hockey Québéc pour son incapacité à développer le talent local.  Parce, au-delà de la politique, c’est l’une des réalités du Tricolore… et M.Savard a oublié de s’instruire avant d’émettre ces commentaires. Heureusement, vous, vous venez de le faire en tant que fidèles lecteurs de ce blog. Go Habs Go!





Par Habsterix, The Instigator


En Prolongation

Les Canadiens et le facteur québécois

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Crédit image entête, Habsterix.com

Invité Spécial
 

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Stephan - octobre 10, 2019

Je croix que tout cela est justement relatif avec les époques ci-haut nommé.Mr Savard a raison pour les années qu’ils n y avaient que 16 équipes mais à bientôt 32 c est presque impossible.

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