Choisir les collèges américains !

Suite à mon article paru le 3 février dernier, j’ai pu discuter avec un fan de notre page au sujet des joueurs qui s’exilent aux États-Unis pour jouer au hockey universitaire. Il m’a parlé de deux amis de son fils qui ont emprunté un chemin similaire. Il m’a ensuite donné un numéro de téléphone pour pouvoir parler avec le père d’un de ces jeunes joueurs. J’ai parlé avec ce père et son fils ainsi qu’à l’ami du fils. J’ai donc pu réaliser ma toute première entrevue. Pour ce faire, j’ai contacté monsieur Marc Tellier ainsi que son fils Cristophe Tellier et son ami d’enfance Christophe Fillion. Voici le résultat de cette entrevue.



En parlant avec monsieur Tellier, l’une des premières choses qu’il m’a dites, c’est que les deux familles ont une chose en commun. Les études passent avant le hockey. C’est un peu pourquoi ils ont choisi un parcours différent de Hockey Québec pour leurs enfants. Il me précisait que les études étaient très importantes pour les deux familles et que les deux amis étaient d’accord avec cette philosophie aussi. C’est surement pourquoi Christophe Fillion m’a répondu ceci : «Dès notre jeune âge, nous étions intéressés par les collèges américains puisque nos parents mettaient beaucoup d’emphase sur les études.»  C’est ce qui a pousser les parents à faire des choix différents de la plupart des autres parents pour leurs enfants.

Pour ces deux jeunes joueurs, le hockey a commencé à être différent à partir de la catégorie Pee-Wee.  «J’ai joué mon hockey mineur comme tous les jeunes pour Hockey Québec jusqu’au niveau Pee-Wee première année.  Après, j’ai quitté pour une école anglaise (PREP) Bishop College School où j’ai joué 3 ans.» nous racontait Cristophe Tellier. De son côté, Christophe Fillion nous parle du fait que le collège Bishop jouissait à cette époque d’un excellent programme d’étude et que le programme d’hockey en était à ses débuts.

Crhistophe Tellier & Christophe Fillion

L’aventure américaine commence, Cristophe Tellier nous dit qu’il a été une saison au Stanstead College avant de quitter pour les États-Unis la saison suivante. Pour lui, son rêve était de jouer en NCAA (National Collegiate Athletic Association) D1.  «Après mon secondaire 4 à Stanstead, j’ai quitté pour les États-Unis en Iowa jouer Midget AAA pour poursuivre mon rêve de jouer NCAA D1.»  Christophe Fillion, de son côté, nous parle de ses quelques coéquipiers québécois et de comment s’est déroulé le passage vers les autres échelons pour mener aux universités. Tandis que Cristophe jouait dans la BCHL (British Columbia Hockey League), son ami a eu un parcours légèrement différent : «Quand nous étions en Iowa, nous parlions à beaucoup d’équipes.  Cette année-là, j’ai fini premier pointeur de la ligue et Cristophe était dans le Top-10. L’année d’après, mon année de 17 ans, j’ai débuté l’année à Janesville au Wisconsin dans la NAHL (North American Hockey League).  Je ne jouais pas beaucoup.  Alors, après 18 parties, j’ai décidé de retourner en Iowa pour jouer dans le 18U avec Cristophe.»

Les deux amis sont à nouveau réunis et ils obtiennent des offres d’équipes du junior pour qu’ils puissent jouer dans la BCHL.  Les deux joueurs ont accepté l’offre du Wild de Wenatchee, un club situé dans l’état de Washington. «[…]et c’est là que nous avions pris la décision d’aller jouer à Wenatchee dans la BCHL.» nous confirme Christophe Fillion. Ainsi, ils étaient toujours aux États-Unis, mais cette fois dans une ligue canadienne.

C’est à partir de cette ligue que les deux camarades reçoivent des offres pour la NCAA. Christophe Fillion nous explique comment ça s’est déroulé.  «Après seulement quelques parties dans la BCHL, plusieurs universités étaient après nous.  Au mois de novembre, nous avions trois offres ensemble sur la table et c’est à ce moment que nous avons décidés de signer avec Quinnipiac University.»  Cette université du Connecticut leur a offert une bourse complète full scholarship. C’est là que débutera leur aventure dans la NCAA.



Maintenant que nous connaissons leur parcours, instruisons-nous sur comment fonctionne les universités aux États-Unis. Qu’est-ce qu’une full Scholarship ou bourse complète ? La bourse complète comprend tout ce qu’il vous faut pour étudier nous dévoile Cristophe Tellier.  «[…] où j’ai eu une bourse de 4 ans qui consiste à être hébergé et mes sessions et tout ce dont j’ai besoin, c’est par l’équipe que ça me sera parvenu.»  Monsieur Fillion lui nous l’explique autrement. «Dans le fond, le full scholarship inclut l’école, les coûts du hockey, les repas à l’école, les livres, l’ordinateur et plusieurs autres choses que je ne suis probablement pas au courant.»  En gros, tout est payé pour pouvoir simplement se concentrer sur leurs études et le hockey sans aucun soucis financier.  L’hébergement est inclus, mais quel genre d’hébergement ont-ils droit ?  «La première année à l’université, tous les freshmen doivent rester sur le campus. La deuxième année, quelques joueurs restent sur le campus et d’autres décident de se louer une maison avec d’autres joueurs près du campus.» Nous explique Christophe Fillion.

Pourquoi choisir les collèges américains plutôt que le cheminement de Hockey Québec ? Pour les études de hauts niveaux ? Pour jouer moins de hockey et se concentrer plus sur ses études ? Pour pouvoir étudier gratuitement ?  Toutes des bonnes réponses, selon moi. Mais, il y a un peu plus que ça nous dévoile Christophe Fillion. «J’ai décidé de choisir le côté des États-Unis surtout pour le côté étude mais aussi le hockey. Premièrement, Quinnipiac est une école renommée pour son programme de business. Aussi, pour le hockey, si tu ne te fais pas repêcher à l’âge de 17 ans dans la LNH lorsque tu joues dans la CHL, il est beaucoup plus dur de percer. Lorsque tu es dans un collège américain, tu as jusqu’à 24 ans pour te développer et pour te faire voir par les dépisteurs de la LNH.»  Donc, un joueur qui va évoluer dans la NCAA a plus de temps pour être prêt pour la LNH. Un joueur qui sait très bien qu’il ne sera pas repêché dans la première ronde, pourrait donc penser à prendre le même cheminement. Du hockey de haut niveau et des études qui peuvent t’amener à un très bon boulot.

Photo par Liz Flynn

Pour en savoir un peu plus sur eux, pourquoi ne par leur demander à eux-mêmes quel type de joueur ils sont.  Comment se décrivent-ils en tant que joueur ?

  1. Tellier : «Je suis un joueur naturel avec une bonne vision du jeu et un bon passeur tout en étant un bon marqueur.»
  2. Fillion : «Je me décrirais comme un joueur avec un instinct de scoreur et une bonne vision du jeu. Je ne suis pas le plus gros joueur alors je me dois d’être rapide.»

Deux joueurs qui se complètent très bien. C’est ce qui a fait en sorte que Quinnipiac mise sur eux en les signant en même temps.

Pour en terminer avec cette entrevue, je leur ai demandé comment ils voyaient leur avenir autant du côté hockey que de celui des études. Voici leurs réponses :

Christophe Fillion : «À Quinnipiac j’étudierai probablement en finances donc si le hockey ne m’amène nulle part, j’aurai un plan B dans la vie. Et puis si tout va bien au hockey j’aimerais jouer dans la LNH ou bien dans une bonne ligue en Europe.»

Cristophe Tellier : «Mon avenir au hockey est de jouer mes 4 ans a Quinnipiac et de jouer dans la AHL ou en Europe après ces années dans la NCAA, et si on veut rêver de peut-être avoir ma chance dans la LNH.  Côté études, je chemine vers business en finance.»

Donc, voici le rêve de deux jeunes québécois qui se sont exilés aux États-Unis pour pouvoir avoir d’excellentes études et du bon hockey. Ils ne misent pas tout sur la LNH, mais ils aimeraient bien pouvoir jouer du hockey de haut niveau tout en ayant eu le droit à de très bonnes études. Nous leur souhaitons de réaliser tous leurs rêves en les remerciant grandement pour cette entrevue.

Vous pouvez très bien suivre leur carrière via le site Elite Prospects.

Cristophe Tellier & Christophe Fillion

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Crédit image entête, Courtoisie




 

Marc-André Breault
 

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