À Calgary, il faut raviver la flamme

Avec l’acquisition de l’arrière Travis Hamonic, qui s’ajoutait à la brigade défensive déjà bien garnie des Flames : Mark Giordano, TJ Brodie et Dougie Hamilton, en retour d’un choix de 1ere ronde 2017 ainsi que deux choix de 2e tour, on pensait avoir ajouté la pièce manquante pour pouvoir espérer prétendre aux grands honneurs.  La transaction amenant le cerbère Mike Smith, en retour de Chad Johnson, Brad Hickey et un choix de 3e ronde, en provenance de l’Arizona, s’inscrivait également dans cette lignée. Après tout, avec une formation offensive pouvant compter sur les jeunes Sean Monahan, Matthew Tkachuk, Sam Bennet et -surtout- Johnny Hockey Gaudreau, entourés par Mikael Backlund, Michael Frolik, Michael (oui, oui) Ferland, Troy Brouwer et Kris Versteeg, pour ne nommer que ceux-là, ne pouvait que se diriger dans la bonne direction. À ce beau groupe d’avants, afin de s’assurer de consolider ce qu’on considérait comme une excellente force de frappe, on a prit le soin d’ajouter (tardivement) le légendaire vétéran Jaromir Jagr.

Visiblement, Brad Treliving s’était assuré d’offrir à son entraîneur-chef, Glen Gulutzan, les ingrédients pour lui permettre de faire lever la recette. Malheureusement, bien que ça fasse partie du charme de ce jeu, dans le monde du sport, le  »sur papier » ne se reflète pas toujours dans la réalité. Sur la glace, dans ce cas-ci, les résultats tardent à se transposer. Certainement, avec une fiche de 10-8-0, on est encore loin de devoir céder à la panique. Le portrait des séries, bien que flou,  est toujours à portée, loin devant l’horizon encombré.

Si les acquisitions de Mike Smith (16 : 9-6-0-0, 2.73 et .921) et de Jaromir Jagr (9 : 1-4-5  +4) en sont des bonnes à mes yeux, je pense que l’apport attendu de Travis Hamonic (15 : 1-1-2  -5), surtout au prix concédé, était exagéré. J’ai toujours considéré Hamonic comme étant un défenseur surestimé qui paraît mieux dans une équipe sans profondeur qui l’utilise à outrance. Dans ces circonstances, on aura souvent tendance à tempérer les défauts du joueur en question, en soulignant qu’il est simplement victime de la médiocrité de son équipe. En quelque sorte, j’y vois un parallèle à faire avec le parcours et les performances de Jeff Petry. Pour étayer mon assertion concernant Hamonic, j’ajouterais que, sauf pour sa meilleure saison en carrière (71 : 5-28-33  +15 en 2014-15), il a peiné à flirter avec le plateau des 20 points (21 en 2015-16), et à conserver un différentiel positif, au cours des 5 ou 6 dernières années. Toujours est-il qu’il faut savoir être objectif et reconnaître qu’on ne pouvait pas prévoir que le défenseur connaîtrait un début de campagne aussi désastreux.

De même qu’on ne pouvait pas prévoir que Sam Bennett (18 : 1-2-3  -4) connaîtrait la guigne de la 2e année à sa 4e saison. Je blague, mais bien que le centre natif d’Holland Landing, en Ontario, n’ait jamais cassé des briques, sa médiocrité bat présentement des records. Toujours dans la même pensée, on ne peut jamais vraiment prévoir comment un groupe d’électrons libres réagira une fois libéré ensemble avec le lancement d’une nouvelle saison. On peut souligner les difficultés récentes des Blackhawks, par exemple. Eux qui, peinent à garder la tête hors de l’eau (de la glace ?) avec une fiche de 9-8-2 en 19 rencontres, malgré le rapatriement de plusieurs éléments leur ayant permis de connaître du succès, il y a à peine 3 saisons de cela (Sharp, Saad). Il faut également reconnaître qu’il faut parfois un peu de temps pour que la chimie s’installe et que les nouveaux venus prennent leurs aises,  quand on ajoute des nouveaux joueurs au cours de la période estivale. En ce sens, les déboires d’Hamonic ne sont pas sans rappeler les difficultés qu’a rencontrer Hamilton à ses débuts avec l’équipe en 2015. Nous ne pouvons donc que lui souhaiter de rapidement rebondir, car avec tous le talent que contient cette alignement, ils ne sont réellement pas loin de la route du succès.

Malheureusement, les déboires de l’équipe semblent miner l’état d’esprit de la formation, comme on a pu le voir mercredi dernier, lorsqu’une petite mêlée a éclatée vers la fin de la 3e période dans une défaite de 8 à 2 contre les Wings (9-8-2). Comme si ce n’était pas suffisant, on sait déjà depuis un moment que Calgary joue avec le feu (effectivement, j’y vais d’un 2e mauvais jeu de mots, pour accompagner le mauvais titre de cet article) en ce qui concerne son aréna, mais on apprend récemment également qu’un puissant milliardaire ressentirait beaucoup d’intérêts à l’idée de relocaliser la concession à Houston. Rappelons que, pas plus tard que l’été dernier, Bettman a servi un sérieux avertissement à Cowtown, concernant l’importance de rapidement avancer dans le dossier de la construction d’un nouvel amphithéâtre. Avertissement que le maire de la ville a prit avec un grain de sel…

Quoiqu’il en soit, les Flames auront l’occasion de rebondir en affrontant les Flyers (8-8-3), dès demain à 13h. Qu’en pensez-vous, la cohésion s’installera-t-elle enfin définitivement au sein du très talentueux groupe des Flames, et Glen Gulutzan a-t-il ce qu’il faut pour guider cette équipe jusqu’au plus hauts sommets de son énorme potentiel ?

Crédit image, Calgary Herald (joli nom !)

Tom L.D. MacAingeal
 

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